Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi (à droite sur la photo), et la secrétaire générale du service européen pour l'action extérieure, Helga Schmid, participant à une réunion sur le fonctionnement de l'entité Instex, permettant à Téhéran de continuer de bénéficier des retombées économiques de l'accord de 2015, à Vienne, le 6 mars 2019. Photo AFP / JOE KLAMAR
L'Iran veut se doter d'ici au 20 mars de l'organe qui lui permettra de commercer avec les Européens malgré le rétablissement des sanctions américaines, a déclaré mercredi à Vienne le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.
"Nous espérons que ce sera d'ici à la fin de l'année iranienne", qui s'achèvera le 20 mars, a-t-il dit à des journalistes en marge d'une réunion de suivi de l'accord nucléaire de 2015 dans la capitale autrichienne.
Cet organe sera le pendant et le partenaire de l'entité Instex, mise sur pied début février par l'Union européenne malgré les critiques américaines. L'UE a imaginé cet instrument pour permettre à Téhéran de continuer de bénéficier des retombées économiques de l'accord de 2015 et donc d'en rester partie prenante après le rétablissement en novembre de sanctions contre l'Iran par Washington.
Le président américain Donald Trump a unilatéralement dénoncé en mai ce texte négocié par le gouvernement de son prédécesseur Barack Obama et auquel il a toujours été farouchement opposé. Conclu après un marathon diplomatique de plusieurs années entre l'Iran et les grandes puissances, cet accord est destiné à garantir la nature strictement pacifique du programme nucléaire iranien en échange d'une levée des sanctions internationales frappant ce pays.
En pratique, l'Instex, qui a son siège à Paris, doit fonctionner comme une chambre de compensation permettant à l'Iran de continuer à vendre du pétrole et d'importer en contrepartie d'autres produits ou services nécessaires à son économie.
La mise en place d'un organe côté iranien s'avère techniquement délicate car celui-ci "ne doit avoir aucun lien avec la Banque centrale d'Iran, sous le coup des sanctions américaines, et respecter les règles internationales contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme", selon une source européenne.
M. Araghchi a précisé que le directeur de l'Instex, l'Allemand Per Fischer, était attendu "à Téhéran très prochainement pour avoir des discussions en cercle restreint avec ses homologues iraniens". "Une structure miroir (de l'Instex, ndlr) va être très rapidement mise en place et ces deux structures travailleront ensemble", a-t-il assuré. Il y a "un très fort soutien" de toutes les parties pour assurer la pérennité de l'accord malgré les manœuvres américaines, a ajouté le diplomate iranien.
Le représentant de l'Union européenne à la réunion qui s'est déroulée à Vienne a quant à lui souligné dans un communiqué, après sa clôture, que l'UE continuerait à soutenir le travail effectué en vue de rendre l'Instex opérationnel "dès que possible en coordination étroite avec l'entité iranienne correspondante qui est en train d'être établie".
Le représentant russe à cette réunion qui a également rassemblé la Chine, la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne, Mikhaïl Oulianov, a de son côté confirmé à l'AFP que toutes les parties prenantes étaient "unies quant à la nécessité de sauver" l'accord.
M. Araghchi a toutefois reconnu qu'il faudrait un certain temps pour déterminer si le futur mécanisme "fonctionn(ait) correctement et produi(sait) des résultats".
Début février, le Guide suprême iranien Ali Khamenei avait estimé qu'"on ne devrait pas faire confiance aux Européens" dans ce dossier.
Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano, a confirmé lundi devant l'exécutif de cet organe onusien que l'Iran respectait bien les engagements pris au titre de l'accord de 2015.
"Nous espérons que ce sera d'ici à la fin de l'année iranienne", qui s'achèvera le 20 mars, a-t-il dit à des journalistes en marge d'une réunion de suivi de l'accord nucléaire de 2015 dans la capitale autrichienne.Cet organe sera le pendant et le partenaire de l'entité Instex, mise sur pied début février par l'Union européenne malgré les critiques américaines. L'UE a imaginé cet instrument pour permettre à Téhéran de continuer de bénéficier des retombées économiques de l'accord de 2015 et donc d'en rester partie prenante après le rétablissement en novembre de...


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