Rechercher
Rechercher

Dernières Infos

HRW appelle Tunis à mettre fin à son "acharnement" contre une association LGBT

Une manifestation pour les droits des femmes et des LGBT, le 13 août 2018, à Tunis. Photo d'archives AFP/CHEDLY BEN IBRAHIM

Human Rights Watch (HRW) a appelé mardi le gouvernement tunisien à mettre fin à son "acharnement" contre une association LGBT dont la justice avait auparavant reconnu le droit d'agir en toute légalité.

Le groupe de défense des droits humains basé à New York a déclaré dans un communiqué que l'association Shams ("Soleil" en arabe), l'un des porte-drapeaux de la communauté LGBT en Tunisie était menacée de dissolution par les autorités.
"Si les organisations de défense des droit humains et des minorités sexuelles sont forcées de mettre la clé sous la porte, c'est l'image même de la Tunisie comme sanctuaire de liberté et de démocratie dans la région qui en pâtira", a mis en garde Amna Guellali, la directrice du bureau de Tunis de HRW.

Selon HRW, Shams a été enregistrée auprès du gouvernement en mai 2015 en tant qu'organisation non-gouvernementale œuvrant au soutien des minorités sexuelles et de genre. Elle a vigoureusement plaidé en faveur de l'abrogation de la loi tunisienne contre la sodomie et défendu de nombreuses victimes poursuivies en raison de leur orientation sexuelle. Le 4 janvier 2016, un tribunal de première instance à Tunis, en réponse à une plainte déposée par le secrétaire général du gouvernement selon laquelle Shams violait la loi encadrant les associations, a notifié le groupe de la suspension de ses activités pendant 30 jours. Le 23 février 2016, le tribunal a jugé que Shams n'était pas en infraction avec la loi et levé cette suspension. Le chargé du contentieux de l'Etat a toutefois fait appel de cette décision le 20 février 2019 et une audience a été fixée au 1e mars.

L'appel du gouvernement, que HRW dit avoir examiné, affirme que l'objectif déclaré de Shams dans ses statuts, à savoir la défense des minorités sexuelles, contrevient aux "valeurs islamiques de la société tunisienne, qui rejettent l'homosexualité et interdisent ce comportement qui lui est étranger". Il argue également que la loi tunisienne, qui criminalise les actes homosexuels dans son article 230 du Code pénal, interdit la création et les activités d'une association qui prétend défendre de telles pratiques.

"La Tunisie, depuis la révolution, est l'un des rares pays arabes où les organisations LGBT ont pu fonctionner ouvertement", a déclaré Amna Guellali, Selon elle, les autorités devraient "faciliter l'épanouissement d'une société diverse au lieu de chercher à l'entraver".

Les militants LGBT (lesbiens, gays, bisexuels, transgenres) sont sortis de l'ombre en Tunisie depuis la révolution de 2011 mais leur condition reste très précaire, du fait d'un rejet social violent et d'une législation hostile.

Human Rights Watch (HRW) a appelé mardi le gouvernement tunisien à mettre fin à son "acharnement" contre une association LGBT dont la justice avait auparavant reconnu le droit d'agir en toute légalité.Le groupe de défense des droits humains basé à New York a déclaré dans un communiqué que l'association Shams ("Soleil" en arabe), l'un des porte-drapeaux de la communauté LGBT en Tunisie était menacée de dissolution par les autorités."Si les organisations de défense des droit humains et des minorités sexuelles sont forcées de mettre la clé sous la porte, c'est l'image même de la Tunisie comme sanctuaire de liberté et de démocratie dans la région qui en pâtira", a mis en garde Amna Guellali, la directrice du bureau de Tunis de HRW. Selon HRW, Shams a été enregistrée auprès du gouvernement en mai 2015 en tant...