Les députés de la Rencontre consultative, groupe de parlementaires sunnites prosyriens, ont estimé que l'invalidation de l'élection de la députée sunnite de Tripoli Dima Jamali (Courant du Futur) constituait "un dangereux précédent", reprochant au Conseil constitutionnel de ne pas avoir automatiquement nommé Taha Nagi, candidat malheureux des Ahbache (islamistes prosyriens), à la place de Mme Jamali mais d'avoir ordonné l'organisation de nouvelles élections à Tripoli.
"La décision du CC d'invalider l'élection de Dima Jamali et d'organiser une nouvelle élection pour le cinquième siège sunnite de Tripoli est un réel vol qualifié", a déclaré la Rencontre consultative, dans un communiqué publié à l'issue d'une réunion au domicile du député Abdel Rahim Mrad. Le texte souligne que "la décision de ne pas nommer Taha Nagi est contraire à toutes les normes logiques et juridiques" et qualifie de "dangereux précédent" la décision du CC.
S'exprimant à l'issue de cette réunion, Taha Nagi a reproché au CC de "s'être concentré sur une simple différence de voix, alors que nous avions proposé plusieurs recours, concernant vingt bureaux de vote sur lesquels nous avions des doutes". Il a souligné que la décision concernant sa candidature "n'a pas encore été prise".
Lors des législatives de mai, basée sur un mode de scrutin proportionnel, Taha Nagi s'était présenté sur la liste "La dignité nationale", menée par l'ancien ministre Fayçal Karamé. Il avait obtenu plus de 4.000 voix, contre plus de 2.000 pour Dima Jamali. Les membres de la liste électorale "La dignité nationale" avaient regretté la semaine dernière que le CC ait laissé vide le siège de Mme Jamali dans l'attente de nouvelles législatives au lieu d'y nommer directement M. Nagi, "sachant que les plus grandes infractions ont été commises à l'encontre de notre liste".
Mme Jamali a d'ores et déjà annoncé sa candidature à la future élection partielle, qui doit avoir lieu dans les deux prochains mois, dans le caza de Tripoli seulement, et selon un mode de scrutin majoritaire.

