Emmanuel Macron, dans un gymnase de la localité d'Etang-sur-Arroux, le 7 février 2019. AFP / Ludovic MARIN
Le président français Emmanuel Macron a rencontré jeudi dans l'est de la France un millier de jeunes, leur enjoignant de participer au grand débat national lancé pour trouver une issue à la fronde sociale des "gilets jaunes".
"Au fond, ce que nous avons à faire, c'est inventer le pays dont nous voulons, ni plus ni moins", a déclaré le chef de l'État à ces jeunes de 15 à 25 ans - lycéens, étudiants, apprentis... - réunis dans le gymnase de la petite ville d'Étang-sur-Arroux.
L'exécutif fait face depuis mi-novembre au mécontentement des "gilets jaunes", des citoyens qui protestent contre les bas salaires, les taxes, réclament le rétablissement de l'Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et, pour certains, la démission du président.
"J'entends dire que la jeunesse ne participait pas assez à ces débats, parce qu'elle est souvent en formation, au lycée, à l'université... Mais ce qu'on va préparer, à travers ce débat, ce sera vous. La France dans 10 ans, dans 20 ans, c'est la vôtre", a-t-il lancé.
"J'ai besoin d'entendre vos convictions, vos doutes, vos interpellations. Je veux votre part de vérité, vos indignations, ce qui pour vous ne va pas, ce que vous ne comprenez pas, ce que vous voudriez qu'on change", a-t-il ajouté.
Il a vite ôté sa veste alors que la température montait dans le gymnase, où les premiers échanges ont porté sur les filières éducatives et la réforme du lycée.
Mais un étudiant a aussi choisi de l'interroger sur la défense de "l'esprit critique" face aux "fausses informations". "C'est un sujet fondamental pour notre démocratie", a-t-il souligné, répondant longuement, appelant notamment les jeunes à se montrer très attentifs face aux publications des réseaux sociaux.
Selon l'Institut national de la statistique (Insee), moins d'un électeur sur cinq de moins de 29 ans a voté à tous les tours des élections organisées en France en 2017.
Avant cette rencontre, M. Macron s'était d'abord entretenu pendant deux heures à Autun avec 45 élus de cette région rurale. "Les habitants de nos territoires ont l'impression d'être les oubliés de la République", avait résumé le maire de Blanzy, Hervé Mazurek.
"Avec ce grand débat, vous n'avez pas le droit à l'erreur", lui a aussi déclaré Alain Gaudray, maire de Fragnes-La-Loyère, en l'exhortant à annoncer "des actions concrètes, rapides" car, sinon, "le rang des mécontents va grossir".
M. Macron, qui remonte dans les sondages, prévoit de participer à un ou deux débats par semaine jusqu'à la fin du grand débat, prévue pour la mi-mars.

