L'opposant vénézuélien Juan Guaido. REUTERS/Carlos Garcia Rawlins
L'opposant vénézuélien Juan Guaido va envoyer dans les prochains jours une délégation à Rome pour rencontrer les deux responsables politiques du gouvernement populiste italien, Matteo Salvini et Luigi Di Maio.
M. Salvini, ministre de l'Intérieur et patron de l'extrême droite, a annoncé qu'il recevrait cette délégation lundi à son ministère.
L'Italie est l'un des rares pays de l'Union européenne à ne pas avoir reconnu M. Guaido comme président par intérim, et bloque l'adoption d'une position commune de l'UE, mais le sujet divise profondément le gouvernement d'union de la Ligue (extrême droite) de M. Salvini et du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) de M. Di Maio.
Dans son courrier, transmis à la presse par M. Salvini, M. Guaido dit vouloir envoyer "le plus tôt possible" en Italie une délégation "officielle" pour présenter son "plan d'action pour relancer la démocratie au Venezuela à travers l'organisation d'élections libres et indépendantes".
Le plan vise aussi à "résoudre la crise humanitaire actuelle, qui frappe tous les Vénézuéliens et plus de 100.000 Italiens vivant au Venezuela".
Un porte-parole de M. Di Maio a confirmé que ce dernier avait également reçu ce courrier mais sans donner de précision sur sa réponse.
M. Salvini plaide pour un retour de la démocratie au Venezuela "parce que tous les régimes communistes doivent être rayés de la surface de la terre".
Mais le M5S est plus ambigu : "La quantité de démocratie qu'on cherche à exporter dans un pays est toujours directement proportionnelle à la quantité de pétrole qui s'y trouve. (...) Il faut du courage pour rester neutre", a expliqué Alessandro Di Battista, l'un des ténors du mouvement.
Fait plutôt rare, le président italien, Sergio Mattarella, est intervenu lundi pour demander que l'Italie fasse preuve de "responsabilité" et "de clarté sur une ligne partagée avec tous nos alliés et nos partenaires de l'Union européenne".

