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Le Japon empêche un journaliste de se rendre au Yémen

Les autorités japonaises ont ordonné à un journaliste freelance de leur remettre son passeport alors qu'il était en partance pour le Yémen, a-t-il dit à l'AFP mercredi. Cette décision intervient après que l'enlèvement puis la libération en octobre d'un reporter japonais en Syrie a ravivé les critiques dans l'archipel à l'encontre des personnes se rendant dans des régions dangereuses.

Kosuke Tsuneoka, 49 ans, a précisé à l'AFP que des membres des services d'immigration l'avaient arrêté à l'aéroport Haneda de Tokyo le 2 février, lui disant qu'il avait l'ordre de rendre son passeport. "Ceci ne peut être toléré dans une démocratie", a-t-il déclaré à l'AFP.

M. Tsuneoka comptait couvrir les programmes d'aide humanitaire et les conditions de vie dans ce pays meurtri par une guerre dévastatrice, théâtre de la pire crise humanitaire au monde selon l'ONU, avec 14 millions de Yéménites au bord de la famine. "J'avais prévu cette mission au Yémen mais elle est à présent interrompue. Ce n'est pas seulement dommageable pour moi mais aussi pour toute la population japonaise", a-t-il dit, déplorant de ne pouvoir informer ses compatriotes.

Interrogé sur le fait de savoir si cette mesure violait le droit de circuler de M. Tsuneoka, le ministre des Affaires étrangères Taro Kono a répondu à la presse que le journaliste avait la possibilité de recourir à la justice. "Je voudrais exprimer mon très grand respect aux journalistes qui couvrent des zones dangereuses", a déclaré M. Kono en refusant de donner plus de précisions.

M. Tsuneoka avait déjà essayé d'atteindre le Yémen en janvier mais avait été arrêté dans le sultanat d'Oman et expulsé. Le gouvernement japonais a justifié sa récente décision par cette expulsion, a-t-il dit à l'AFP.

Le Yémen est pris dans guerre entre rebelles et forces gouvernementales soutenues par une coalition menée par l'Arabie Saoudite.

A son retour au Japon en octobre après trois ans de captivité en Syrie, le journaliste japonais Jumpei Yasuda avait, à l'instar de précédents otages japonais, essuyé de violentes insultes venant d'une partie de la population japonaise selon laquelle il était tombé par sa propre faute dans un guêpier en Syrie. Certains l'avaient accusé d'être un "anti-citoyen" qui "perturbe la société".

En 2015, les autorités nippones avaient confisqué le passeport du photographe Yuichi Sugimoto, qui comptait se rendre en Syrie. Cette mesure avait fait suite à l'exécution de deux Japonais, le correspondant de guerre Kenji Goto et une de ses connaissances Haruna Yukawa, par des extrémistes islamistes en Syrie.

M. Sugimoto avait ensuite reçu un nouveau passeport indiquant qu'il lui était interdit de se rendre en Syrie et en Irak.

Les autorités japonaises ont ordonné à un journaliste freelance de leur remettre son passeport alors qu'il était en partance pour le Yémen, a-t-il dit à l'AFP mercredi. Cette décision intervient après que l'enlèvement puis la libération en octobre d'un reporter japonais en Syrie a ravivé les critiques dans l'archipel à l'encontre des personnes se rendant dans des régions dangereuses.Kosuke Tsuneoka, 49 ans, a précisé à l'AFP que des membres des services d'immigration l'avaient arrêté à l'aéroport Haneda de Tokyo le 2 février, lui disant qu'il avait l'ordre de rendre son passeport. "Ceci ne peut être toléré dans une démocratie", a-t-il déclaré à l'AFP.M. Tsuneoka comptait couvrir les programmes d'aide humanitaire et les conditions de vie dans ce pays meurtri par une guerre dévastatrice, théâtre de la pire...