Des policiers français lors d'une manifestation des "gilets jaunes", le 5 février 2019, à Paris. REUTERS/Charles Platiau
Dans les rangs du parti présidentiel LREM, 50 députés - un record - ont toutefois préféré s'abstenir pour marquer leur refus des interdictions préventives de manifester pouvant être prises par les préfets.
Plusieurs redoutent que ces représentants de l'État puissent être à l'avenir aux mains d'un "régime malintentionné".
La grande majorité de leurs pairs LREM et des députés du parti allié centriste MoDem, ainsi que le parti de l'opposition de droite Les Républicains, initiateur de la proposition, ont voté pour, l'ensemble de la gauche s'est prononcée contre, de même que les élus d'extrême droite Rassemblement national.
"Le texte a été voté" et "il n'y a pas de malaise", a balayé le patron du groupe majoritaire LREM Gilles Le Gendre.
Plusieurs avocats de renom, dont deux proches du président français Emmanuel Macron, se sont élevés contre une "loi de la peur" (François Sureau) ou "une réponse d'un pouvoir qui agit sous la pression et dans l'urgence" (Jean-Pierre Mignard).
L'ex-député européen Daniel Cohn-Bendit a considéré auprès de l'AFP que "cette loi ne ser(vai)t à rien" et était "dramatiquement bête".
Outre les interdictions de manifester pouvant être prises par les préfets, sous peine de six mois d'emprisonnement et 7.500 euros d'amende, il est également prévu la possibilité de fouilles pour trouver des "armes par destination", sur réquisition du procureur, et encore le principe du "casseur-payeur".
La proposition de loi retournera au Sénat dès le 12 mars pour une deuxième lecture, le gouvernement, qui l'a reprise à son compte début janvier, souhaitant une adoption définitive rapide dans le contexte des manifestations récurrentes des "gilets jaunes", citoyens menant depuis près de trois mois une fronde sociale.
Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, qui entend donner des gages à certains syndicats policiers, a répété mardi que ce n'était "pas une loi de la peur", "pas une loi de circonstance mais une loi de bon sens" à l'égard des "brutes" qui empêchent de manifester.
Hasard du calendrier, plusieurs dizaines de milliers de personnes défilaient dans le même temps partout en France, à l'appel principalement du syndicat CGT et, pour la première fois, avec la participation de "gilets jaunes".
La gauche a dénoncé un texte "inique" (Parti socialiste), "anti-gilets j

