Téhéran a qualifié jeudi de "première étape" la nouvelle entité imaginée par l'Union européenne (UE) pour commercer avec l'Iran malgré les sanctions américaines contre la République islamique après le retrait de Washington de l'accord international sur le nucléaire iranien.
"Le canal de communication financière" devant être officialisé jeudi par l'UE est "la première étape dans le cadre des engagements pris par les Européens vis-à-vis de l'Iran, qui, je l'espère seront intégralement mis en oeuvre, et non pas seulement en partie", a déclaré le vice ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, cité par l'agence de presse officielle Irna.
Le président américain Donald Trump a annoncé en mai sa décision unilatérale de retirer les États-Unis de l'accord international sur le nucléaire iranien de 2015, et de rétablir des sanctions économiques contre l'Iran.
Paris, Londres et Berlin, les trois États de l'UE parties à cet accord, ont promis à Téhéran de trouver des parades pour permettre à l'Iran de bénéficier des retombées économiques qu'il en attendait.
L'un des engagements pris par les Européens était celui de créer un structure ad hoc ("special purpose vehicle" en anglais) fonctionnant comme une chambre de compensation et qui permettrait à l'Iran de continuer à vendre du pétrole par ce biais et d'importer en contrepartie d'autres produits ou services nécessaires à son économie.
Mais les pays de l'UE n'achètent pratiquement plus de pétrole à l'Iran.
L'entité - baptisée Instex (Instrument in Support of Trade Exchanges) - sera enregistrée en France et aura une direction allemande, selon ces mêmes sources. Elle sera essentiellement destinée aux petites et moyennes entreprises.
Parlant avant la présentation officielle du projet européen, M. Araghchi, cité par Irna, a déclaré qu'Instex "a été en principe conçue pour les biens sanctionnés" par les Américains. "Certains ont dit qu'elle a été conçue pour les biens ne tombant pas sous le champ des sanctions, comme les produits alimentaires etc..." a ajouté le responsable iranien. "Il est possible qu'au début l'activité se fasse avec ces biens jusqu'à ce qu'un mécanisme de paiement prenne forme, mais en principe cette entité pourra fonctionner pour les biens sous sanctions", a-t-il ajouté.
Cité également par Irna, le président de la Commission parlementaire des affaires étrangères et de la sécurité nationale Hechmatollah Falahatpiché a déclaré que "l'enregistrement" d'Instex était "une grande victoire" pour l'Iran.
Un enthousiasme qui n'est cependant pas partagé par le rédacteur en chef du quotidien ultraconservateur Javan, Abdoullah Ganji.
L'Instex est très loin des attentes de l'Iran, a-t-il écrit sur son compte Telegram, estimant que le gouvernement iranien n'avait pas à se vanter de ce résultat et le mettant en garde contre le risque de "décevoir la population".


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