Le médiateur de l'ONU Martin Griffiths. Photo AFP
Le médiateur de l'ONU Martin Griffiths s'est rendu mardi à Hodeida, son premier voyage dans ce point chaud du conflit au Yémen depuis que les belligérants y ont convenu d'un cessez-le-feu le mois dernier, a indiqué un responsable de l'ONU.
M. Griffiths était dans cette ville de la mer Rouge "pour quelques heures" afin de superviser la mise en œuvre de la trêve et "suivre les préparatifs" d'une nouvelle mission de surveillance, a déclaré à l'AFP ce responsable sous couvert de l'anonymat.
Les rebelles houthis, soutenus par l'Iran, et le gouvernement, appuyé par une coalition militaire sous commandement saoudien, ont convenu d'un cessez-le-feu à Hodeida lors de pourparlers de paix présidés par M. Griffiths en Suède en décembre. L'accord prévoit un cessez-le-feu complet, suivi du retrait et du redéploiement des forces rivales de la ville, deux clauses qui n'ont pas encore été mises en œuvre.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté à l'unanimité la résolution 2452 sur le Yémen en janvier, qui prévoit le déploiement de 75 observateurs pour surveiller le fragile cessez-le-feu et le retrait des forces de la ville de Hodeida (ouest).
Contrôlée par les rebelles depuis 2014, Hodeida abrite le port le plus important du pays. Il est le point d'entrée de plus des deux tiers des importations et de l'aide internationale au Yémen, un pays menacé par la famine.
Hodeida a été pendant des mois la principale ligne de front de la guerre après le déclenchement en juin 2018 d'une offensive des forces progouvernementales pour reprendre la ville.
Depuis l'entrée en vigueur de l'accord de cessez-le-feu le 18 décembre, la ville connaît un calme précaire.
Dans une interview publiée lundi par le quotidien saoudien Asharq Al-Awsat, M. Griffiths a déclaré que la mise en œuvre de l'accord de trêve et d'un autre accord sur un vaste échange de prisonniers avait été repoussée en raison de difficultés sur le terrain.
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a proposé au Conseil de sécurité un ex-officier danois, Michael Lollesgaard, pour remplacer, un mois seulement après son arrivée, le chef des observateurs onusiens au Yémen, l'ex-général néerlandais Patrick Cammaert. Le Conseil de sécurité dispose de 48 heures pour l'accepter ou refuser cette nomination.
Le conflit au Yémen a provoqué la pire crise humanitaire au monde, selon l'ONU.

