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France: examen à l'Assemblée nationale d'une loi controversée "anticasseurs"

L'Assemblée nationale française examine à partir de mardi un texte de loi "anticasseurs" dans les manifestations qui divise jusque dans les rangs de la majorité, à l'heure où la France est secouée par le mouvement des "gilets jaunes" depuis plus de deux mois.

Cette proposition de loi "n'est pas une loi antigilets jaunes" ou "antimanifestations", assure le ministre français de l'Intérieur Christophe Castaner. Elle "doit permettre à ceux qui le souhaitent de manifester dans des conditions normales, sans peur et sans penser qu'en manifestant ils sèmeraient la peur", a ajouté M. Castaner.

Réclamé par des syndicats policiers, ce texte est cependant critiqué sur certains aspects par des magistrats et des associations.

Les inquiétudes ont même gagné les rangs de la majorité, notamment en ce qui concerne des interdictions de manifester qui seraient décidées par les préfets, une mesure qui sera particulièrement débattue à l'Assemblée.

De nombreux amendements ont été déposés afin de mieux encadrer cette disposition.

Inspirée des interdictions de stade visant les hooligans, ces interdictions de manifester concerneraient 100 à 200 personnes "grand maximum" d'après Christophe Castaner.

Les députés tenteront donc d'ici à mercredi d'améliorer le texte dans un souci de "quête délicate de l'équilibre", comme l'a souligné la rapporteure Alice Thourot (LREM, majorité présidentielle).

Du côté de l'opposition, le texte ne satisfait pour le moment ni la droite - à l'origine de l'idée - qui le juge trop timide, ni la gauche qui l'estime "liberticide".

La droite souhaite une version plus restrictive avec des peines planchers pour les violences contre les forces de l'ordre.

La gauche radicale veut quant à elle profiter de ce débat pour faire interdire l'usage par les forces de l'ordre des controversés lanceurs de balles de défense (LBD) accusés d'avoir éborgné des manifestants, et des grenades de désencerclement.

La blessure samedi d'une figure des "gilets jaunes", Jérôme Rodrigues, lors de la dernière manifestation de ce mouvement de contestation, a relancé la controverse sur ces armes, qui continueront à être utilisées, a décidé le gouvernement français.

Ce dernier entend pour sa part amender le texte pour permettre une réponse pénale plus rapide face aux attroupements délictueux.

Depuis mi-novembre, plusieurs villes françaises, dont Paris, sont le théâtre de manifestations hebdomadaires (les samedis) de "gilets jaunes", hostiles à la politique sociale et fiscale du gouvernement et réclamant pour certains la démission du président Emmanuel Macron, qui ont parfois débouché sur des affrontements violents avec les forces de l'ordre et des dégradations. 

L'Assemblée nationale française examine à partir de mardi un texte de loi "anticasseurs" dans les manifestations qui divise jusque dans les rangs de la majorité, à l'heure où la France est secouée par le mouvement des "gilets jaunes" depuis plus de deux mois.Cette proposition de loi "n'est pas une loi antigilets jaunes" ou "antimanifestations", assure le ministre français de l'Intérieur Christophe Castaner. Elle "doit permettre à ceux qui le souhaitent de manifester dans des conditions normales, sans peur et sans penser qu'en manifestant ils sèmeraient la peur", a ajouté M. Castaner.
Réclamé par des syndicats policiers, ce texte est cependant critiqué sur certains aspects par des magistrats et des associations.
Les inquiétudes ont même gagné les rangs de la majorité, notamment en ce qui concerne des interdictions de...