Le ministre britannique des Affaires étrangères Jeremy Hunt a affirmé jeudi que Nicolas Maduro "n'est pas le dirigeant légitime du Venezuela", au lendemain de la décision des États-Unis, suivie par plusieurs pays, de reconnaître l'opposant Juan Guaido comme président.
"Nous sommes très inquiets de la situation au Venezuela mais il est évident que Nicolas Maduro n'est pas le dirigeant légitime du Venezuela", a déclaré M. Hunt dans un communiqué. Il a estimé que les élections du 20 mai 2018, qui avaient porté M. Maduro au pouvoir, étaient "profondément biaisées".
Sans reconnaître officiellement M. Guaido comme dirigeant officiel, Jeremy Hunt a estimé qu'il était "la bonne personne pour faire avancer le pays", et a annoncé le soutien du Royaume-Uni aux États-Unis, au Canada, au Brésil et à l'Argentine pour "faire en sorte que cela arrive".
Dans la foulée de la décision prise par le président américain Donald Trump mercredi, ces pays ont reconnu Juan Guaido, le président du Parlement qui s'est autoproclamé mercredi président par intérim du Venezuela.
La réaction prudente britannique s'inscrit dans la lignée d'autres dirigeants européens, qui n'ont pas été jusqu'à reconnaître officiellement la présidence de Juan Guaido.
"L'Europe soutient la restauration de la démocratie" face à "l'élection illégitime de Nicolas Maduro", s'est ainsi contenté de déclarer le président français Emmanuel Macron.
"L'UE soutient pleinement l'assemblée nationale comme l'institution démocratiquement élue et appelle à l'ouverture immédiate d'un processus politique débouchant sur des élections libres et crédibles, conformément à l'ordre constitutionnel", a annoncé la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini, au nom des 28 pays de l'Union européenne.
Selon les analystes, l'UE cherche ainsi à préserver la possibilité d'une solution négociée tout en protégeant ses ressortissants si les événements dégénèrent en violences.
La crise au Venezuela sera discutée par les ministres des Affaires étrangères de l'UE lors de leur réunion informelle à Bucarest les 31 janvier et 1er février.

