Le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir à Gaza, a refusé une importante aide financière qatarie à cause de conditions fixées selon lui par Israël pour laisser entrer l'argent dans le territoire palestinien sous blocus.
Le rejet des 15 millions de dollars attendus de la part du Qatar risque d'aviver à nouveau les tensions dans l'enclave, à la veille de manifestations prévue le long de la barrière séparant Israël de la bande de Gaza
"Nous refusons de recevoir la troisième aide qatarie en réponse au comportement de l'occupation (israélienne) et les tentatives de sortir de l'accord", a dit Khalil al-Hayya, adjoint de l'homme fort du Hamas à Gaza, Yahya Sinouar, sans expliquer à quoi il faisait allusion.
L'aide qatarie, troisième tranche d'une enveloppe totale de 90 millions de dollars sur six mois, est bloquée depuis deux semaines. Objet de crispations entre Palestiniens et Israéliens, elle passe pour un facteur d'apaisement.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a décidé mardi de bloquer l'acheminement de la troisième tranche, censée transiter par Israël, en représailles à un épisode de violences le long de la barrière et à des tirs en provenance de Gaza sur des soldats, a indiqué un responsable.
Selon les médias israéliens, le cabinet de sécurité, forum restreint d'officiels autour de M. Netanyahu, a décidé mercredi de laisser passer l'argent. Mais un responsable a ensuite indiqué qu'en fait aucune décision n'avait été prise.
Après des mois de violences, Israël et le Hamas ont conclu un cessez-le-feu en novembre par l'entremise de l'Egypte voisine.
Israël a accepté que le Qatar, rare soutien du Hamas, transfère à Gaza 90 millions de dollars en six tranches mensuelles pour payer les salaires de dizaines de milliers d'employés du Hamas et aider les pauvres, qui représentent la moitié de la population.
Deux premiers versements ont eu lieu en novembre et décembre.
Mohammed al-Emadi, l'ambassadeur du Qatar à Gaza, a rencontré jeudi dans l'enclave des représentants du Hamas, dont son dirigeant Ismaïl Haniyeh.
Jeudi soir, des appels à manifester vendredi après la prière hebdomadaire le long de la barrière ont été diffusés par des haut-parleurs à Gaza.
La bande de Gaza a été le théâtre depuis mars 2018 à une mobilisation appelée "Grande marche du retour" et plusieurs affrontements ont opposé groupes armés palestiniens à des soldats israéliens.
Depuis le début de cette mobilisation, au moins 244 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens, la plupart lors de manifestations et de heurts le long de la frontière. D'autres sont morts dans des tirs de chars ou dans des frappes de l'aviation israélienne.
Deux soldats israéliens ont été tués depuis mars 2018.
Le rejet des 15 millions de dollars attendus de la part du Qatar risque d'aviver à nouveau les tensions dans l'enclave, à la veille de manifestations prévue le long de la barrière séparant Israël de la bande de Gaza"Nous refusons de recevoir la troisième aide qatarie en réponse au comportement de l'occupation (israélienne) et les tentatives de sortir de l'accord", a dit Khalil al-Hayya, adjoint de l'homme fort du Hamas à Gaza, Yahya Sinouar, sans expliquer à quoi il faisait allusion.
L'aide qatarie, troisième tranche d'une enveloppe totale de 90 millions de dollars sur six mois, est bloquée depuis...

