Mikhaïl Kalachnikov, l'inventeur du célèbre fusil d'assaut russe qui porte son nom. Photo d'archives MAXIM MARMUR / AFP
Le fabricant d'armes russe Kalachnikov a obtenu de bons résultats en 2018, mais voit ses projets contrariés par les sanctions qui pèsent sur le secteur militaire russe, poussant le groupe à poursuivre son virage vers la production civile, affirme le patron de l'entreprise.
"Les résultats sont bons. Les plans étaient encore plus ambitieux - cela n'a pas fonctionné à cause des sanctions", a déclaré le nouveau dirigeant du groupe, Vladimir Dmitriev, lors d'un entretien jeudi avec le quotidien russe Kommersant.
"De manière générale, l'année (2018) a été plutôt réussie, ce qui est particulièrement important lorsque l'on travaille dans un contexte de sanctions", a indiqué M. Dmitriev.
En 2018, le groupe Kalachnikov, qui fait partie du conglomérat public militaro-industriel Rostec, a vu ses revenus augmenter de 86% par rapport à 2017 et les volumes de production de 20%. Son chiffre d'affaires s'est élevé à environ 40 milliards de roubles (535 millions d'euros au taux actuel), a-t-il précisé.
Le patron de l'entreprise connue pour son légendaire fusil d'assaut AK-47 ajoute que les résultats sont néanmoins moins bons qu'espéré, certaines exportations ayant dû être reportées à l'année 2019 notamment à cause des sanctions.
M. Dmitriev a expliqué que les sanctions concernaient notamment la signature de nouveaux contrats : "les parties réfléchissent dix fois avant de prendre une décision en notre faveur. Nous pouvons participer aux appels d'offres (...) mais il n'est pas facile d'agir", avoue-t-il.
"Lors des deux prochaines années, les commandes militaires publiques resteront une source de revenus non négligeable", a-t-il ajouté.
Aujourd'hui, Kalachnikov produit 95% des armes légères russes et exporte dans 27 pays. Son célèbre fusil en est bientôt à sa cinquième génération.
Après l'arrivée d'actionnaires privés en 2014, le groupe a opéré un changement d'image en se diversifiant dans le civil avec le lancement de vêtements, couteaux, accessoires, et l'annonce récente d'une voiture électrique. L'accent a été mis sur les exportations malgré les sanctions américaines frappant l'entreprise à cause du conflit en Ukraine.
La part de produits civils de Kalachnikov est actuellement d'environ 15%, a indiqué M. Dmitriev à Kommersant.
Ce développement croissant de produits civils est en ligne avec celui de Rostec, qui veut faire passer la part de son activité civile à 50% d'ici 2025, en s'appuyant notamment sur l'export.


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