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Indonésie: la libération d'un imam radical remise en question

AFP
22/01/2019

La libération annoncée d'un imam radical lié aux attentats de Bali va être soumise à un nouvel examen, ont indiqué les autorités indonésiennes dans un apparent revirement après les protestations de la société civile et de l'Australie.

Le président indonésien Joko Widodo avait annoncé vendredi la libération anticipée d'Abu Bakar Bachir, 80 ans, considéré comme le fondateur du groupe islamiste radical Jemaah Islamiyah (JI) et responsable présumé des attentats de 2002 à Bali qui ont fait 202 morts, dont des dizaines d'Australiens. Mais cette annonce a été vivement critiquée en Indonésie comme à l'étranger, poussant notamment le Premier ministre australien Scott Morrison à contacter les autorités indonésiennes.

"Nous avons été très clairs sur le fait que, dans le cadre de nos efforts conjoints de lutte contre le terrorisme (...) Abu Bakar Bachir ne devait pas être en position d'influencer ou d'inciter" quiconque, a déclaré le responsable australien cité par les médias locaux.

Dans un apparent revirement lundi soir, Wiranto, le ministre indonésien de la Sécurité a indiqué que le président avait demandé une "étude approfondie et complète" sur la libération de l'imam. "Nous ne pouvons pas agir en hâte ou de façon spontanée", a-t-il expliqué à des journalistes.

Abu Bakar Bachir avait été condamné en 2011 à 15 ans de prison pour avoir financé la mise en place d'une cellule d'entraînement d'el-Qaëda à Aceh, province indonésienne où prévaut la loi islamique. Celui qui a toujours nié son implication dans des attentats avait été précédemment condamné pour l'attaque de Bali, avant d'être blanchi.

Cette libération a déclenché de nombreuses protestations sur les réseaux sociaux et des analystes s'étaient interrogés sur cette annonce qui intervient alors que le président indonésien est en campagne pour sa réélection.

"Pourquoi est-ce que (le président) Jokowi a choisi d'agir maintenant, au risque de se faire accuser de vouloir tirer un profit politique" de cette libération auprès des Indonésiens les plus radicaux, s'est interrogée Sidney Jones, qui dirige le groupe de réflexion Institute for Policy Analysis of Conflict à Jakarta.

La lutte antiterroriste a affaibli les réseaux islamistes en Indonésie, comme la Jemaah Islamiyah. Mais le groupe Etat islamique (EI) continue d'attirer les plus radicaux et plusieurs centaines d'Indonésiens sont partis rejoindre les jihadistes au Moyen orient.

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