Le procureur général iranien a rejeté lundi les accusations de l'organisateur d'une grève dans une sucrerie qui avait affirmé avoir été torturé lors de sa détention en décembre 2018, a rapporté la télévision officielle.
"Les informations faisant état d'un employé de la sucrerie de Haft Tapeh ayant été torturé sont des mensonges éhontés, aucun mal ne lui a été fait et il n'a subi aucune torture", a déclaré Mohammad Jafar Montazéri, cité par la télévision d'Etat.
"L'individu qui prétend avoir été torturé l'a fait pour servir un but politique", a ajouté le procureur général iranien.
Esmail Bakhshi est l'un des organisateurs d'un mouvement de grève fin 2018 dans la sucrerie de Haft Tapeh, à Suse (à plus de 500 km au sud de Téhéran), en protestation contre des arriérés de salaires et des activités criminelles présumées de la part des nouveaux propriétaires de l'usine.
Il avait affirmé début janvier, sur son compte Instagram, avoir été torturé pendant 25 jours lors de sa détention dans la province du Khouzestan (sud-ouest) fin 2018 et réclamé une enquête.
Ces déclarations avaient été relayées par le quotidien réformateur Etemad.
Le procureur général a laissé entendre que M. Bakhshi pourrait être lié à des groupes de l'opposition. Selon lui, une commission judiciaire a enquêté sur ces accusations de torture et fourni un rapport "complet" les réfutant.
Une enquête parlementaire séparée sur les allégations de M. Bakhshi est toujours en cours.
M. Montazéri a précisé que des institutions gouvernementales avaient engagé des poursuites contre l'ouvrier de la sucrerie pour diffamation présumée des autorités sécuritaires et judiciaires ainsi que des services de renseignements iraniens.
La grève dans la sucrerie de Haft Tapeh, qui compte environ 4.000 salariés, a duré plusieurs semaines avant de se terminer en décembre lors du paiement des salaires.
De nombreux mouvements de grève ou de protestation contre les conditions de travail ont été observés en 2018 en Iran, notamment dans les secteurs de la sidérurgie, de l'éducation, des mines et des transports, essentiellement en dehors de Téhéran.
Le chef de l'Autorité judiciaire iranienne avait mis en garde en novembre les employés mécontents de leur situation contre la tentation de "créer du désordre dans le pays", tout en appelant le gouvernement à se pencher sur leurs problèmes.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine