Une Palestinienne a été tuée par des tirs israéliens vendredi lors de manifestations et de heurts le long de la frontière dans la bande de Gaza, a indiqué le ministère de la Santé dans l'enclave.
Elle est l'une des rares femmes tuées depuis le début, en mars 2018, de protestations rassemblant toutes les semaines des milliers de Palestiniens le long de la barrière frontalière lourdement gardée par l'armée israélienne.
Amal al-Taramsi, 43 ans, a été atteinte à la tête, a précisé à l'AFP le porte-parole du ministère gazaoui, Achraf al-Qodra. Au moins 25 Palestiniens ont été blessés par des tirs, a-t-il rapporté sur Twitter.
L'armée israélienne ne s'est pas exprimée spécifiquement sur les circonstances de la mort d'Amal al-Taramsi. Elle a indiqué qu'un soldat israélien avait été légèrement blessé par des jets de pierres.
L'intensité de la mobilisation avait globalement décliné depuis un cessez-le-feu en novembre entre Israël et le mouvement islamiste Hamas qui gouverne sans partage la bande de Gaza.
Depuis mars 2018, 241 Gazaouis ont été tués par des tirs israéliens, la grande majorité le long de la frontière, d'autres dans des frappes de chars ou de l'aviation israélienne. Deux soldats israéliens ont été tués.
La mobilisation a regagné en vigueur vendredi. L'armée israélienne a fait état de 13.000 Palestiniens prenant part à des rassemblements et des violences en différents points de la frontière.
Les soldats ont riposté aux violences "à l'aide de moyens anti-émeutes et (ont ouvert) le feu selon les procédures opérationnelles en vigueur", a indiqué un porte-parole de l'armée. Un appareil israélien a frappé deux positions militaires du Hamas dans l'enclave, a dit l'armée.
Israël, qui soumet la bande de Gaza à un rigoureux blocus depuis plus de dix ans, accuse le Hamas d'instrumentaliser la protestation, qui a pour but de dénoncer le blocus et réclamer le "droit au retour" des Palestiniens chassés de leurs terres ou qui ont fui à la création d'Israël en 1948.
Un journaliste de l'AFP a vu des Palestiniens s'en prendre à une ligne israélienne de barbelés dans l'est de l'enclave et a assisté à des affrontements et à une riposte nourrie de la part des soldats.
Les Palestiniens ont lancé des pierres et des engins explosifs sur les soldats de l'autre côté de la barrière de sécurité, a dit l'armée. Certains ont réussi à franchir la barrière en plusieurs points et à s'infiltrer en Israël avant de rebrousser chemin sous les tirs israéliens, selon un porte-parole de l'armée.
Une secouriste volontaire de 21 ans, Razan al-Najjar, avait été tuée en juin 2018 le long de la frontière. Selon le porte-parole du ministère gazaoui, trois femmes ont été tuées depuis 2018 dans les heurts le long de la frontière.
Après la relative accalmie des dernières semaines, différents facteurs font redouter un regain de tension à Gaza.
Pour apaiser la situation, Israël avait autorisé le Qatar à faire entrer 90 millions de dollars en six tranches mensuelles dans la bande de Gaza appauvrie, largement destinés à payer des employés du Hamas. Mais une nouvelle livraison de fonds prévue cette semaine n'a pas eu lieu, sans explication officielle.
Par ailleurs, la frontière avec l'Egypte, seul point de passage entre Gaza et le monde extérieur à ne pas être contrôlé par Israël, est à nouveau partiellement fermée depuis une semaine après avoir été rouverte presque en permanence pendant plusieurs mois.
En Cisjordanie, séparée de Gaza par le territoire israélien et occupée par l'armée israélienne, un Palestinien a attaqué vendredi à l'arme blanche des soldats israéliens postés près de la colonie de Kiryat Arba, non loin d'Hébron, a dit l'armée.
Les soldats et un civil israélien présent ont ouvert le feu sur lui, a-t-elle dit. Touché, le Palestinien a été évacué pour recevoir des soins; aucun soldat n'a été blessé, a-t-elle précisé.


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