L'homme fort de l'est libyen, le maréchal Khalifa Haftar, a demandé à l'ONU d'enquêter sur des cargaisons d'armes en provenance "de Turquie" saisies dans un port du pays, selon un communiqué diffusé jeudi.
Les services de douane libyens basés à Tripoli ont fait état jeudi dans un communiqué de la saisie de deux conteneurs d'armes dans le port d'Al-Khoms (ouest), sans donner plus de détails sur le contenu des cargaisons ou la date de la saisie.
Interrogé par l'AFP, un membre du conseil municipal d'Al-Khoms (120 km à l'est de Tripoli), Mohamad al-Akhdhar, a indiqué jeudi que des armes et des munitions "provenant de Turquie" avaient été saisies cette semaine. Les conteneurs étaient censés contenir des matériaux de construction selon la déclaration fournie aux autorités portuaires, a précisé M. Akhdhar.
Plongée dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est dirigée par deux entités rivales: le Gouvernement d'union nationale (GNA, basé à Tripoli) et reconnu par la communauté internationale, et un cabinet parallèle installé dans l'est et soutenu par le maréchal Haftar.
Dans un communiqué diffusé jeudi, le commandement général de l'Armée nationale libyenne (ANL), autoproclamée et dirigée par le maréchal Haftar, a appelé les Nation unies à "ouvrir immédiatement une enquête" au sujet des cargaisons saisies.
Selon l'ANL, les deux cargaisons "proviennent de Turquie" et contenaient "plus de 4,2 millions de munitions suffisantes pour tuer près de 80% de la population libyenne", outre des "milliers de pistolets et fusils".
Après la chute du régime de Kadhafi et en raison du chaos qui a suivi, l'ONU impose depuis 2011 un embargo sur les armes mais ses experts ont signalé depuis de nombreuses livraisons d'armes à des factions libyennes, venant du Soudan, d'Egypte, de Turquie ou des Emirats arabes unis.
L'ANL accuse régulièrement le Qatar, la Turquie et le Soudan de fournir des armes à ses rivaux, en particulier islamistes, tandis que l'autre camp accuse les Emirats arabes unis et l'Egypte d'appuyer militairement le maréchal Haftar.


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