La Banque centrale du Yémen attend une injection de trois milliards de dollars de la part du Koweït et des Emirats arabes unis, a annoncé un responsable jeudi, alors que le pays dévasté par la guerre cherche à revitaliser une économie en ruine. S'ils se confirment, ces dépôts s'ajouteront à 2,2 milliards de dollars de fonds injectés par l'Arabie saoudite pour enrayer une chute du riyal yéménite.
"Le gouverneur de la Banque centrale Mohamed Zemam a évoqué des dépôts d'une valeur de 3 milliards de dollars après des discussions avec des pays donateurs frères", a déclaré le gouverneur adjoint de la Banque centrale Shokeib Hobeishy devant des journalistes dans la ville méridionale d'Aden. "Deux (milliards) devraient venir des Emirats arabes unis (...) et un autre milliard du Koweït".
Aucun des deux pays ne s'est exprimé sur la question. Le Premier ministre yéménite Maïn Saïd a pour sa part déclaré qu'il ne voulait pas donner des détails sur cette injection de fonds tant qu'elle n'aura pas été confirmée. "Il va y avoir des discussions sur la capacité de la Banque centrale à gérer ces dépôts", a-t-il affirmé.
La Banque centrale, dont le siège a été transféré à Aden en 2016 depuis la capitale Sanaa, contrôlée par les rebelles houthis, peine à payer les salaires du gouvernement et à revitaliser l'économie ruinée par une guerre qui dure depuis plus de trois ans.
L'Arabie saoudite, qui mène une coalition militaire en soutien au gouvernement yéménite dans son combat contre les rebelles houthis, a versé 200 millions de dollars à la Banque centrale du Yémen début octobre et avait déjà versé 2 milliards de dollars en janvier. Le riyal yéménite a perdu plus des deux tiers de sa valeur par rapport au dollar depuis 2015, année du début de l'intervention saoudienne et de ses alliés.
La chute du riyal, s'il a toutefois connu une légère embellie ces dernières semaines, a provoqué une forte hausse des prix des produits de base, en particulier des denrées alimentaires.
Plus des trois quarts des 22 millions d'habitants du pays dépendent de l'aide humanitaire pour survivre et 14 millions de personnes sont menacées de famine.
Les belligérants yéménites ont approuvé jeudi en Suède un accord de cessez-le-feu sous l'égide de l'ONU, qui doit entrer en vigueur "dans les prochains jours" dans la ville portuaire de Hodeida (ouest), par où entre l'essentiel de l'aide humanitaire au Yémen.
Depuis 2015, les combats au Yémen ont fait quelque 10.000 morts et plus de 56.000 blessés, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Des responsables humanitaires estiment que le bilan des victimes directes ou indirectes du conflit est largement plus élevé.


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