Le président élu du Brésil Jair Bolsonaro s'est dit prêt à "payer" si une "erreur" a été commise lors de versements suspects d'environ 270.000 euros à un ex-assistant de son fils député. "Si une erreur a été commise, soit par moi, mon fils ou (son assistant) Queiroz, nous paierons pour cette erreur, parce que nous ne pouvons pas montrer la moindre connivence avec quelque erreur que ce soit", a-t-il déclaré tard mercredi lors d'une transmission en direct sur Facebook.
Le COAF, agence gouvernementale chargée de surveiller les transactions financières, a mis en évidence récemment des "transactions atypiques" d'un montant total de 1,2 million de réais (environ 270.000 euros au taux de change actuel) en 2016 et 2017 sur le compte de Fabricio José de Queiroz, largement incompatibles avec les revenus déclarés par ce dernier.
M. Queiroz, qui est également policier militaire, a longtemps travaillé comme chauffeur et garde du corps de Flavio Bolsonaro, fils aîné du président élu, qui est actuellement député de l'Etat de Rio et s'est fait élire sénateur lors des élections générales d'octobre.
Jair Bolsonaro, 63 ans, dont l'investiture aura lieu le 1er janvier, a reconnu être affecté par cette affaire. "Est-ce que ça nous fait mal au coeur? Oui, parce qu'une de nos priorités est la lutte contre la corruption", a-t-il affirmé sur Facebook. "Quoi qu'il arrive, quand je serai président, nous allons combattre la corruption avec toutes les armes du gouvernement, y compris le COAF", a-t-il insisté.
Flavio Bolsonaro a publié jeudi sur Instagram un message commençant par la phrase "Je n'ai rien à me reprocher" écrite en lettres capitales. Il se dit également victime d'un complot des médias qui font, selon lui, "des efforts hors du commun pour salir (sa) réputation et tenter d'atteindre Jair Bolsonaro". "Il y a des soupçons sur les transactions financières de collaborateurs de nombreux partis, mais les médias n'attaquent que moi", a-t-il accusé.
Le COAF enquête également sur un chèque suspect de 24.000 réais (environ 5.500 euros) déposé par M. Queiroz sur le compte de l'épouse du futur chef de l'Etat, Michelle Bolsonaro. Le président élu a expliqué qu'il s'agit du remboursement d'un prêt non déclaré.
Jair Bolsonaro avait esquivé depuis plusieurs jours les questions des journalistes au sujet de ces versements suspects et a préféré s'expliquer devant les Brésiliens directement sur Facebook.
Adepte des réseaux sociaux, il a annoncé son intention de faire une transmission en direct de ce type chaque semaine pour "rendre des comptes" des activités de son équipe gouvernementale.

