Photo d'archives AFP
Le président libanais, Michel Aoun, s'est entretenu avec le Premier ministre désigné Saad Hariri, le président du Parlement, Nabih Berry, et le commandant en chef de l'armée, Joseph Aoun, au sujet de l'opération israélienne lancée dans la nuit de lundi à mardi afin de détruire des tunnels supposés du Hezbollah qui traverse la frontière entre les deux pays.
"Le président Aoun a suivi les développements à la frontière sud après les travaux israéliens d'excavation face au territoire libanais et est entré en contact à ce sujet avec le Premier ministre Saad Hariri, le président du Parlement, Nabih Berry, et le commandant en chef de l'armée, le général Joseph Aoun", a écrit la présidence de la République sur sa page Twitter. "Lors de ces contacts établis par le président Aoun, la situation a été évaluée à la lumière des données disponibles sur la portée de l'opération israélienne et le président a demandé aux services de sécurité de suivre de près ce dossier", conclut la présidence de la République.
L'armée israélienne a annoncé avoir lancé une opération pour détruire des tunnels souterrains du mouvement chiite libanais en territoire israélien.
Cette opération, nommée "Bouclier du nord", est le dernier épisode en date de la confrontation entre Israël et la formation pro-iranienne ennemie de l'Etat hébreu, de part et d'autre de la Ligne bleue fixant la frontière libano-israélienne.
Le Hezbollah n'a pas encore réagi, mais la porte-parole de la Force de maintien de la paix de l'ONU positionnée dans le sud du Liban, Malene Jensen, a assuré que "la situation dans la zone où opère la Finul reste calme".
De son côté, l'armée libanaise a fait part dans un communiqué de "sa totale disposition à faire face à toute situation d'urgence" et indiqué que ses unités accomplissaient "leurs missions habituelles le long de la frontière en coopération et en coordination avec la Finul".
Israël construit actuellement un mur à la frontière avec le Liban pour éviter d'éventuelles tentatives d'infiltration du Hezbollah à l'intérieur de son territoire. L'objectif à terme est d'ériger ce mur le long des 130 kilomètres de frontière.
Le dernier conflit de grande envergure entre Israël et le Hezbollah remonte à l'été 2006. Les 33 jours de guerre avaient fait 1.200 morts côté libanais, et 160 côté israélien, sans neutraliser le Hezbollah, alors visé par une vaste offensive après l'enlèvement de deux soldats israéliens.
Ces dernières années, l'animosité entre les deux parties s'est surtout manifestée dans le cadre du conflit syrien, où le Hezbollah est intervenu militairement en soutien au régime de Bachar el-Assad.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a récemment mis l'accent sur la menace, selon lui, des activités iraniennes au Liban par le biais du Hezbollah.

