Cette peine s'accompagne d'une période de sûreté des deux tiers. Reda Bekhaled, 23 ans, est la personne centrale dans cette affaire. L'avocate générale avait requis mardi contre lui la peine maximale, 20 ans de réclusion criminelle, avec une période de sûreté des deux tiers.
"Depuis 2012 au moins, Reda Bekhaled montre un engagement idéologique fort, continu pour le jihad armé", avait déclaré l'avocate générale.
Cet ancien membre du groupuscule islamiste radical Forsane Alizza dissout en 2012, comparaissait pour avoir voulu mener une attaque dans la région de Lyon avec son frère Karim. Tous deux ont été arrêtés en septembre 2014 à Vaulx-en-Velin, dans la banlieue de Lyon.
L'enquête avait montré qu'il avait cherché à obtenir une lettre d'accréditation auprès de l'organisation État islamique (EI), qui aurait permis à cette organisation de revendiquer l'attaque. Chez lui, a été découverte une Kalachnikov avec son chargeur approvisionné de 28 cartouches.
Lors du procès, il a contesté le projet d'attentat, affirmant qu'il avait plutôt visé un braquage. Il a en revanche reconnu son rôle dans une filière d'acheminement de combattants vers la Syrie. "J'ai envoyé des gens qui voulaient combattre Bachar al-Assad. J'assume totalement", avait-il dit à la cour, parlant même de "plusieurs dizaines" de personnes.
Karim Bekhaled a lui été condamné à 15 ans de réclusion criminelle, avec une période de sûreté des deux tiers.
Leur soeur aînée, Farida Bekhaled, présentée par les enquêteurs comme la "banquière" de la fratrie a écopé d'une peine de 5 ans, dont un an assorti d'un sursis avec mise à l'épreuve. Elle a financé les activités de ses frères, grâce à une prime de licenciement et des prêts à la consommation.
Leurs trois frères, Mohamed, Farid, Rafik, partis en 2013 en Syrie, ont été jugés par défaut. Ils ont été condamnés à 30 ans de réclusion criminelle. Le premier a été présenté comme un sniper de l'EI, et les deux autres comme des membres de la police de ce groupe.
Ce dossier, "c'est le pathétique engagement de toute une famille en soutien de l'engagement jihadiste", a déclaré l'avocate générale dans ses réquisitions: "Les six enfants qui sont d'une manière ou d'une autre engagés dans ce radicalisme, c'est impressionnant, déroutant".
Au total, quinze personnes, dont huit se trouvent toujours en Syrie, étaient jugées dans ce dossier.
Parmi elles, se trouve Oualid Boudissa, un proche de Reda Bekhaled qui a fait parler de lui après avoir été libéré par erreur par un juge d'instruction en avril. Les policiers sont remontés jusqu'à lui après avoir retrouvé sa photo sur une fausse carte d'identité chez Karim et Farida Bekhaled. Il a été condamné à une peine de 5 ans de prison, dont 3 ans assortis d'un sursis avec mise à l'épreuve.
Les accusés ont été jugés par une cour d'assise spéciale, compétente pour les crimes terroristes et composée uniquement de magistrats professionnels et non de jurés populaires.


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