Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a exhorté mardi la Russie et l'Ukraine à la "désescalade" pour éviter de nouveaux "incidents graves" après celui survenu dimanche en mer Noire.
"La France en appelle aux parties pour qu'elles favorisent un apaisement de la situation et que chacun fasse preuve de retenue", a-t-il déclaré à l'issue d'un entretien avec son homologue russe Sergueï Lavrov à Paris.
Dimanche, les gardes-côtes russes, qui dépendent des services de sécurité (FSB), ont capturé deux vedettes et un remorqueur de la marine ukrainienne que Moscou accuse d'être entrés illégalement dans les eaux territoriales russes au large de la péninsule de Crimée annexée.
Cet incident est survenu en mer Noire lorsque ces navires tentaient de pénétrer dans le détroit de Kertch pour entrer dans la mer d'Azov.
"J'ai dit à Sergueï Lavrov qu'un geste était attendu de la Russie, que les prisonniers et les bateaux retenus soient libérés au plus vite, mais j'appellerai aussi mon homologue ukrainien pour l'encourager à rechercher la désescalade dans ce secteur", a souligné le chef de la diplomatie française.
"Cet incident est dû en grande partie à la forte remilitarisation de la zone et ne peut qu'aggraver les tensions et favoriser des incidents graves", a-t-il également relevé.
Le chef de la diplomatie russe a estimé de son son côté qu'une médiation n'était pas nécessaire entre Moscou et Kiev et suggéré que l'incident était lié à des motivations de politique intérieure en Ukraine.
"Je ne vois pas vraiment le besoin d'avoir des médiations", a dit M. Lavrov alors que le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas avait évoqué lundi la possibilité d'une médiation de Paris et Berlin dans la crise.
"Tous ceux qui savent de quoi il s'agit et la façon dont se développe la politique en Ukraine peuvent en tirer des conclusions", a-t-il ajouté sans plus de précisions.
Après cette brusque flambée de tensions, l'Ukraine a annoncé lundi soir l'introduction de la loi martiale dans ses régions frontalières pour 30 jours, alors que la campagne pour l'élection présidentielle de mars doit commencer le 31 décembre.

