Le conseil municipal de Téhéran a élu mardi un technocrate relativement peu connu, Pirouz Hanatchi, au poste de maire de la capitale iranienne, selon les résultats du vote annoncés sur la télévision d'État.
M. Hanatchi est le troisième maire élu pour présider aux destinées de la ville, qui compte plus de 8,5 millions d'habitants, depuis que les réformateurs ont mis fin, lors des municipales de 2017 à 14 ans de domination des conservateurs sur la municipalité.
Âgé de 54 ans, M. Hanatchi était maire-adjoint depuis l'entrée en fonctions, en août 2017, du nouveau conseil municipal issu de ces élections. Avant cela, il avait été adjoint au ministre des Transports. Il a été élu après un scrutin en trois tours à l'issue duquel il a battu d'une courte tête l'ex-ministre des Transports, Abbas Akhoundi, par 11 voix contre 10.
Le ministère de l'Intérieur doit encore valider son élection, ce qui ne devrait être qu'une formalité.
Les réformateurs élus au conseil municipal ont promis une gestion honnête et transparente des affaires de la capitale après des années marquées par des allégations de corruption et détournements de fonds contre leurs prédécesseurs. Mais ils se heurtent depuis leur victoire à des difficultés pour maintenir le maire de leur choix à son poste.
Le premier maire élu après leur arrivée aux affaires, Mohammad Ali Najafi, a démissionné début avril, officiellement pour des raisons de santé. Ses partisans ont affirmé, eux, qu'il avait été soumis à des pressions de l'Autorité judiciaire. Son successeur, Mohammad-Ali Afchani, doit à son tour abandonner son poste en vertu d'une nouvelle loi interdisant un grand nombre de postes du secteur public aux bénéficiaires d'une allocation de retraite.
Le fauteuil de maire de Téhéran s'est révélé être un tremplin pour l'ultraconservateur et populiste Mahmoud Ahmadinejad, qui l'a occupé pendant deux ans juste avant son élection à la présidence de la République en 2005.
Bien qu'ayant récolté sur son nom le plus de voix lors des municipales de mai 2017, Mohsen Hachémi Rafsanjani, fils de feu Akbar Hachémi Rafsanjani (un des pères fondateurs de la République islamique, président de 1989 à 1997) a tenté par trois fois sans succès depuis cette date de se faire élire maire de la capitale.


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