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Culture

Le jazz voyageur de Kyle Eastwood en transit à Beyrouth

Concert
LibanJazz et Eleftériadès ont présenté hier soir sur la scène du Music Hall, le quintet Kyle Eastwood qui a interprété des morceaux de son dernier album "In Transit".



08/11/2018

Kyle Eastwood au Music Hall, c’est l’opération séduction tous azimuts. A peine les musiciens installés sur scène, la musique prend son envol avec ce quintet à l’élégance subtile et raffinée. Brandon Allen (saxophone ténor), Quentin Collins à la trompette, Andrew Mc Cormack au piano et Chris Higginbottom à la batterie ont accompagné Kyle Eastwood à la contrebasse (qui l’échangera par instants avec une guitare basse) dans ce voyage où l’on transitera vers les différentes destinations de la soul et du swing.

Avec ce huitième album sorti en 2017, Kyle Eastwood a réussi à se forger une place sur la stratosphère jazz, faisant taire toutes sortes de ragots comme quoi : bien sûr que le fils de Clint Eastwood va accrocher son étoile à celle de son père. Non, et bien détrompons-nous. Son étoile, il est allé la chercher lui-même à force de travail et de passion. Deux maîtres mots qui le guident dans la vie et qui le confirment actuellement dans cet univers pour le moins élitiste.

Mais comme tout puriste du jazz, l’artiste ne peut oublier ses maîtres, qui se sont penchés sur son berceau. Car, il ne faut pas l'oublier, Kyle Eastwood est tombé depuis son enfance dans la potion magique du jazz. Ainsi, de Thelonious Monk à Charlie Mingus en passant par Al Jarreau, le musicien a revisité hier soir tous les grands standards, rendant hommage à l’un et l’autre en y ajoutant bien sûr son propre « touch ». Sur la scène du Music Hall, ce lieu magique dira-t-il, tout en remerciant Karim Ghattas à plusieurs reprises de l’y avoir invité, ses doigts ne grattaient pas seulement la contrebasse qu’il étreignait, mais tapotaient dessus avec un rythme soutenu, lequel s’accordait parfaitement aux battements du cœur. Quant aux autres membres du quintet qui participent à la composition des morceaux, leur allure et la posture de leur corps évoquaient révérence et respect. Respect pour une musique au service de laquelle ils ont longtemps travaillé et qu'ils continuent de faire si bien. Ce jazz de haut calibre qu’ils ont offert au public libanais était, comme l’indique le nom de l’album, En Transit, ne s’alourdissant jamais sur les rivages mais allant plus loin et les explorant.

Kyle Eastwood est un voyageur. Sur les ailes du swing où il a emporté le public libanais durant un heure et demi, lui offrant ce florilège de musiques mixtes à la fois passéistes et modernes, il a ajouté un morceau inspiré du Maroc et du Sud de l’Afrique. Il s’est envolé par la suite vers l’ambiance du film Cinema Paradiso, musique composée par Ennio Morricone, une autre de ses idoles qui l’a inspiré pour les musiques de films qu’il signe pour Clint Eastwood réalisateur. Encore un hommage à ce grand compositeur derrière lequel se profilera à cet instant, l’ombre du père.

Conquis, le public libanais l’était certes, hier soir, mais surtout rasséréné qu’il y a encore en ce siècle, des musiques qui adoucissent les mœurs et qui rendent l’homme meilleur.

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