Les différentes factions palestiniennes ont annoncé mercredi que la situation était "revenue à la normale" dans le camp de réfugiés palestiniens de Miyé w Miyé, à la suite de la fuite du chef du groupe Ansar Allah, Jamal Sleiman, vers la Syrie, avec une quinzaine de proches.
"Etant donné les efforts fournis par les parties palestinienne et libanaise, qui ont permis de trouver des solutions essentielles aux événements tragiques et désolants qui ont eu lieu dans le camp de Miyé w Miyé, la situation est désormais revenue à la normale dans le camp", ont annoncé les différentes factions palestiniennes. Dans un communiqué, elles ont assuré que "les éléments armés se retireront du camp et les écoles et commerces vont rouvrir leurs portes". "Les habitants peuvent rentrer chez eux et nous allons commencer les travaux de réparation des dommages causés", ont-elles précisé.
Mercredi matin, le chef du groupuscule palestinien Ansar Allah (proche du Hezbollah), Jamal Sleiman, est parvenu à s'échapper du camp, accompagné de 17 partisans, une condition du Fateh pour mettre fin aux combats entre les deux parties. L'Agence nationale d'information (ANI, officielle), a indiqué que Sleiman, recherché par la justice libanaise, et les autres fugitifs sont partis vers la région de Mazzé, en Syrie, et que les 17 personnes l'accompagnant sont des membres de sa famille et ses gardes du corps.
En début d'après-midi, l'armée avait démenti des informations selon lesquelles elle aurait participé à une réunion sécuritaire dans une caserne de Saïda pour préparer le départ de Jamal Sleiman. "Le commandement de l'armée dément cette information et invite les médias à vérifier leurs informations auprès de sources compétentes avant toute publication", a souligné la troupe dans un communiqué.
Le départ de Jamal Sleiman, probablement facilité par le Hezbollah, devrait mettre un terme à la tension dans ce petit camp où les combats avaient inquiété les habitants du village libanais de Miyé w Miyé qui le jouxte. Mardi, des sources proches du dossier avaient indiqué à L'Orient-Le Jour que le Fateh exigeait que Jamal Sleiman sorte du camp en échange d'un allègement de la pression exercée sur les miliciens de sa formation. Selon ces sources, le chef d'Ansar Allah était retranché avec une quarantaine de ses partisans dans un "périmètre de sécurité" qu'il contrôle dans le camp. Le Fateh avait mobilisé ses partisans qui avaient organisé récemment un sit-in pour réclamer le départ de Jamal Sleiman. Mais le même jour, un communiqué signé des "fils de Miyé w Miyé", partagé sur les réseaux sociaux, exhortait le chef du groupuscule à demeurer dans le camp.
Selon les mêmes sources, Jamal Sleiman est recherché par la justice libanaise, notamment après les aveux de son numéro deux, arrêté en septembre pour son implication dans la tentative d'assassinat d'un responsable de la sécurité à l'ambassade de Palestine, Ismaïl Charrouf, à Saïda en janvier 2017.
La semaine dernière, après plusieurs jours de combats, les factions palestiniennes présentes dans le camp avaient conclu un accord de cessez-le feu, prévoyant notamment l'acheminement de vivres à l'intérieur du camp et le déploiement de partisans non armés du Hamas, du Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP) et du Front démocratique pour la libération de la Palestine (FDLP), ainsi que d'un autre groupuscule, afin de surveiller le respect du cessez-le-feu. Les accrochages avaient fait deux morts et une vingtaine de blessés dans les rangs du Fateh.


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