Le président libanais, Michel Aoun (gauche), et le Le ministre sortant de l'Intérieur, Nohad Machnouk, au palais de Baabda, le 1er novembre 2018. Photo Dalati et Nohra
Le ministre sortant de l'Intérieur, Nohad Machnouk (Courant du Futur), a affirmé jeudi que la patience des sunnites commençait à s'épuiser face aux obstacles qui se multiplient pour entraver la formation du gouvernement par le Premier ministre désigné, Saad Hariri, le dernier étant les revendications des députés sunnites pro-8 mars.
"Nous ne sommes pas une organisation de bienfaisance, et comme nous avons des devoirs nous avons des droits, a affirmé M. Machnouk lors d'une cérémonie dans la Békaa. Le grand réservoir de responsabilité politique chez les sunnites commence à s'épuiser. Il est inacceptable que la présidence du Conseil des ministres devienne un centre de désamorçage de bombes politiques qui se multiplient. Tous les jours, ils créent une nouvelle mine et inventent de nouveaux critères qu'ils appliquent de manière sélective", a encore dénoncé M. Machnouk, malgré les divergences qui l'opposent à Saad Hariri depuis les élections législatives de mai.
M. Machnouk s'est par ailleurs rendu au palais de Baabda où il a évoqué avec le président Michel Aoun de la situation sécuritaire dans le pays et de la coopération entre les différents services de sécurité.
La formation du cabinet bute sur la représentation des sunnites pro-8 Mars, alors que l'on semblait sur la voie du déblocage, lundi, avec l'annonce des Forces libanaises de leur participation au gouvernement. Le chef de l’État Michel Aoun a créé la surprise hier en envoyant implicitement au Hezbollah un message de mécontentement au sujet de sa dernière revendication consistant à allouer aux sunnites anti-haririens un portefeuille au sein du prochain gouvernement.
Le chef de l'Etat a par ailleurs reçu le député de Baalbeck-Hermel Jamil Sayed.
"Il est normal que la formation du gouvernement nécessite des allers-retours que ce soit au niveau des équilibres, des portefeuilles ou des noms des ministres, a déclaré le député Sayed, proche allié du Hezbollah et du régime syrien. On finit toujours pas aboutir à un consensus qui préserve la continuité de l'Etat et les intérêts du peuple". M. Sayed a également affirmé que le Liban avait besoin d'un gouvernement "vu la situation régionale et des difficultés économiques".


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