Une audience du procès opposant les Forces libanaises au PDG de la LBCI, Pierre Daher, au sujet de la propriété de la chaîne de télévision, consacrée à la plaidoirie de M. Daher, a eu lieu vendredi.
Cette séance devait avoir lieu lundi dernier, mais a été ajournée à la demande de l’avocat de M. Daher, Naoum Farah, qui a réclamé l’octroi d’un délai en vue de répondre à une conclusion présentée par les FL, composée d’une centaine de pages. La cour avait déjà fixé au 28 février la date du jugement.
"Cette séance était une séance de clôture et la partie légale est close", a déclaré Georges Adwan, avocat et député FL.
"Depuis le début du procès, ils ont essayé de mêler la politique au dossier, a accusé l'avocat de M. Daher, Naoum Farah. Les procès ont duré onze ans, car leur position est faible". "Le véritable procès a débuté en 2018, a déclaré M. Daher affirmant que cette affaire "était régie par la loi et non par la politique". "Mais s'ils voudront faire intervenir la politique je serai à la hauteur", a-t-il ajouté.
Les FL avaient intenté une action en justice en 2007 contre Pierre Daher pour "mauvaise foi, fraude et fuite de capitaux".
Première chaîne privée libanaise, la Lebanese Broadcasting Corporation avait été fondée en 1985, pendant la guerre civile, par les FL qui l'ont financée jusqu'en 1992. Cette année-là, les actifs et les dettes de la LBC sont transférés à une nouvelle société appartenant en majorité à Pierre Daher, membre du conseil d'administration, sans que le contrat de cession ne soit enregistré. M. Daher affirme que cette cession découle de la vente de la LBC (qui deviendra LBCI) à son profit par Samir Geagea : la loi sur l’audiovisuel alors en préparation enlevait toute possibilité d’appartenance d’une télévision à un parti, dans un contexte de désarmement des milices post-accord de Taëf. Samir Geagea et les FL contestent cette vente et affirment que M. Daher a abusé de la confiance du chef des FL pour faire main basse sur les actifs de la LBC et développer le groupe par la suite.
Emprisonné en 1994, M. Geagea a entamé, deux ans après sa sortie de prison, en 2005, une action judiciaire contre le groupe LBC et ses dirigeants pour obtenir la restitution de la chaîne aux Forces libanaises.

