Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a appelé les talibans afghans à "saisir l'opportunité de dialogue" avec le gouvernement de Kaboul, a rapporté mercredi le département d'Etat dans un communiqué.
En rencontrant mardi le ministre pakistanais des Affaires étrangères Shah Mehmood Qureshi à Washington, M. Pompeo a "convenu qu'il y avait une dynamique pour faire progresser le processus de paix afghan", selon ce compte-rendu.
Les efforts diplomatiques pour amener les talibans à négocier avec le gouvernement de Kaboul s'intensifient, avec un cessez-le-feu sans précédent en juin et une rencontre entre responsables américains et représentants des insurgés islamistes en juillet au Qatar. Mais de nombreuses attaques ont terni les espoirs sur le terrain.
Selon le département d'Etat américain, Mike Pompeo a mis l'accent avec son homologue pakistanais "sur le rôle important que le Pakistan peut jouer pour faire aboutir un règlement négocié en Afghanistan".
Washington accuse régulièrement les responsables pakistanais d'ignorer, voire même de collaborer avec des groupes jihadistes qui lancent des attaques en Afghanistan à partir de leurs bases arrières le long de la frontière entre les deux pays, notamment le réseau des Haqqanis. Ce qu'Islamabad nie.
Après sa première conversation avec le nouveau Premier ministre pakistanais Imran Khan depuis son élection, M. Pompeo avait créé une polémique en août en affirmant l'avoir appelé à "prendre des mesures décisives contre tous les terroristes opérant au Pakistan".
Islamabad avait réfuté ce compte-rendu, assurant qu'il n'avait "pas du tout été fait mention, dans la conversation, de terroristes opérant au Pakistan".
Depuis, le secrétaire d'Etat américain s'est rendu à la rencontre des nouvelles autorités et a dit vouloir "tourner la page" des rapports houleux avec Islamabad.
Dans le compte-rendu de la rencontre de mardi, les groupes "terroristes" ne sont pas mentionnés.
Mike Pompeo a assuré que "les Etats-Unis étaient impatients de travailler avec le nouveau gouvernement du Pakistan", insiste le département d'Etat, ajoutant vouloir "poursuivre un dialogue constructif".

