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Brésil: le président Temer menacé d'une nouvelle enquête pour corruption

AFP
06/09/2018

La police fédérale a demandé à la Cour suprême d'ouvrir une enquête sur des faits présumés de corruption passive et de blanchiment d'argent à l'encontre du président brésilien Michel Temer.
Le président de centre droit, qui bat tous les records d'impopularité, a rejeté cette demande formulée tard mercredi, estimant que toute enquête "porterait atteinte à la logique et à la chonologie des faits".

Cette demande d'enquête intervient alors que la corruption qui ronge le Brésil est un thème majeur de la campagne électorale avant la présidentielle du 7 et 28 octobre. Le grand favori des sondages, l'ex-président de gauche Lula, a vu la semaine dernière sa candidature invalidée par la justice électorale, alors qu'il purge depuis avril une peine de plus de 12 ans de prison pour corruption et blanchiment d'argent.

D'après le portail d'information G1, Michel Temer aurait reçu en mars 2014 une somme de 1,43 million de réais (près de 300.000 euros au taux d'aujourd'hui) de la part du groupe de BTP Odebrecht, après une demande faite par l'actuel ministre des Mines et de l'energie Moreira Franco.

En outre le PMDB (rebaptisé depuis MDB) de M. Temer aurait reçu 10 millions de réais de Odebrecht pour la campagne électorale de 2014, dans laquelle il figurait en tant que vice-président sur le ticket de Dilma Rousseff. Cette dernière avait ensuite été réélue chef de l'Etat avant d'être destituée par le Congrès et de laisser la place à Michel Temer. Il appartient désormais au parquet de décider si le président Temer, qui a déjà échappé l'an dernier à deux procédures de destitution pour corruption, pourrait être mis sous enquête une troisième fois, avant la fin de son mandat, en décembre.

L'an dernier, la Chambre des députés, dans laquelle il a beaucoup d'alliés, avait rejeté par deux fois son jugement devant la Cour suprême. Il avait été accusé de corruption passive, d'appartenance à une organisation criminelle et d'obstruction de la justice, après des aveux de dirigeants du groupe agro-alimentaire JBS.

Michel Temer bénéficie de l'immunité jusqu'au 1er janvier 2019, date à laquelle il remettra les clés du palais présidentiel à Brasilia à son successeur élu en octobre prochain.

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