Les protestations se sont poursuivies lundi dans le sud du Yémen contre la hausse des prix, en dépit de l'annonce d'une augmentation des salaires pour les fonctionnaires et des pensions pour les retraités. AFP / Saleh Al-OBEIDI
Les protestations se sont poursuivies lundi dans le sud du Yémen contre la hausse des prix, en dépit de l'annonce d'une augmentation des salaires pour les fonctionnaires et des pensions pour les retraités.
Un manifestant a été tué dimanche par des balles de la police dans la région de Gotobah de la province d'al-Daleh, ont indiqué lundi des témoins et une source médicale. Dans la grande ville portuaire d'Aden, des dizaines de manifestants sont descendus lundi dans la rue, pour la deuxième journée consécutive, et ont mis le feu dans des pneus, ont rapporté des témoins. Des protestations similaires ont eu lieu à Moualla, à al-Mansourah et à cheikh Othman, les principaux quartiers de la ville. De nombreux commerces ont baissé leurs rideaux en signe de protestation, selon les mêmes sources.
Des manifestations similaires ont eu lieu lundi à Sayoun, la deuxième ville de la province de Hadramout et de différentes région des provinces d'Abyane, de Lahej et d'al-Daleh.
Depuis plus d'un an, le gouvernement est incapable de payer des salaires et le riyal a perdu plus des deux tiers de sa valeur par rapport au dollar depuis 2015, date à laquelle l'Arabie saoudite et ses alliés sont intervenus contre des rebelles houthis, soutenus par l'Iran.
Une réunion dimanche soir du gouvernement yéménite à Riyad, présidée par le président Abd Rabbo Mansour Hadi, qui vit en exil en Arabie saoudite, a approuvé "une augmentation des salaires dans le secteur public, y compris les retraités et les contractuels", a déclaré l'agence yéménite Saba, contrôlée par le gouvernement.
L'annonce a été faite après que des centaines de personnes sont descendues dans les rues d'Aden, capitale provisoire du gouvernement, brûlant des pneus, bloquant les routes principales et appelant à la désobéissance civile.
En janvier, l'Arabie saoudite, qui mène une coalition soutenant le président Hadi, a annoncé un plan de sauvetage de 2 milliards de dollars au profit de la Banque centrale yéménite. Le riyal s'est brièvement redressé, mais il a chuté de 36% depuis.
En 2016, plus d'un million de fonctionnaires ont perdu leur emploi lorsque le président Hadi a transféré la Banque centrale de la capitale Sanaa, contrôlée par les rebelles, à Aden.
Le Sud abrite à la fois le gouvernement et un mouvement séparatiste. Les séparatistes, qui accusent le gouvernement de corruption, ont gagné du terrain depuis l'année dernière.
La guerre au Yémen a fait depuis 2015 quelque 10.000 morts, en majorité des civils, et plongé plus de huit millions de personnes dans une situation de quasi famine. Il s'agit de la pire crise humanitaire au monde, selon l'ONU.

