Des combattants du "Front national de libération", un nouveau regroupement de rebelles, lors d'un entrainement militaire dans la province d'Idleb, le 1er septembre 2018. AFP / Aaref WATAD
La France redoute une "catastrophe" à Idleb, l'enclave rebelle du nord-ouest de la Syrie, et l'utilisation de l'arme chimique par les forces du régime de Bachar el-Assad qui se préparent à l'offensive, a déclaré dimanche Jean-Yves Le Drian.
Pour le ministre français des Affaires étrangères, qui s'exprimait sur France Inter, "il y a un risque humanitaire et il y aussi une bombe à retardement sécuritaire". "C'est une situation très grave qui peut exploser dans peu de jours puisque manifestement le régime de Bachar el-Assad souhaite la reconquête militaire", a-t-il déclaré.
Selon l'ONU, 10.000 djihadistes se trouveraient dans ce dernier bastion rebelle de quelque trois millions de personnes. Jean-Yves Le Drian a fait état de la présence de "700.000 à 800.000 réfugiés".
"S'il y a bataille d'Idleb, Alep, en termes de souffrances, de catastrophe, ce n'était rien par rapport à ce qui risque de se passer", a-t-il insisté, en référence à l'offensive meurtrière des forces gouvernementales syriennes, appuyées notamment par l'armée russe, en 2016 contre la deuxième ville de Syrie. Idleb est "un creuset explosif dans tous les sens du terme", a estimé Jean-Yves Le Drian, évoquant notamment le risque d'un "éparpillement" des djihadistes.
"Il y a aussi un risque là d'utilisation à nouveau de l'arme chimique, ce n'est pas avéré, mais ça peut être une tentation", a poursuivi ministre. "S'il y a utilisation de l'arme chimique avérée et à usage létal, la réaction (de la France-NDLR) sera la même qu'auparavant. J'espère franchement qu'on ne va pas arriver à cet aboutissement catastrophique."
La France avait mené, aux côtés des Etats-Unis et du Royaume-Uni, des frappes aériennes contre des installations militaires en Syrie en avril dernier à la suite d'une attaque chimique contre la ville rebelle de Douma imputée au régime syrien.
Le chef de la diplomatie française a déclaré qu'Emmanuel Macron s'était entretenu de la situation avec son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, et qu'il contacterait prochainement le président russe Vladimir Poutine.
Les dirigeants russe, iranien et turc se réunissent le 7 septembre dans la capitale du Kazakhstan, Astana, pour évoquer le conflit dans le cadre du groupe du même nom. "J'espère qu'ils trouveront entre eux les moyens d'éviter ce désastre", a dit Jean-Yves Le Drian.

