Plus d'une centaine d'organisations de défense des droits humains ont appelé mercredi le gouvernement de Bahreïn à "libérer immédiatement" l'opposant Nabil Rajab, après l'avis d'un groupe de travail de l'ONU qualifiant sa détention d'"arbitraire".
"Pour la deuxième fois depuis 2013", le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire (GTDA) a estimé dans un avis rendu public le 13 août que la détention de M. Rajab était "arbitraire et discriminatoire", selon le communiqué commun de 127 organisations de défense des droits humains, dont la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH).
Qualifiant cet avis d'"historique", ces organisations appellent le "gouvernement bahreïni à libérer immédiatement" l'opposant chiite Nabil Rajab, incarcéré depuis 2016, et à abandonner les charges retenues contre lui.
"Nous exhortons les autorités à libérer tous les autres défenseurs des droits humains arbitrairement détenus au Bahreïn et à garantir en toutes circonstances leur santé physique et psychologique", ajoutent les organisations.
M. Rajab est secrétaire général adjoint de la FIDH, président du Centre bahreïni pour les droits de l'Homme et directeur du Centre des droits humains du Golfe.
Il a été condamné le 5 juin en appel à cinq ans de prison pour des tweets dénonçant la guerre au Yémen et des cas présumés de torture à Bahreïn.
L'opposant avait déjà été condamné en juillet 2017 à deux ans de prison dans une autre affaire pour "propagation de rumeurs et de fausses nouvelles" lors d'interviews télévisées critiquant le pouvoir à Bahreïn.
"Le fait que plus de quatre ans se soient écoulés" depuis l'émission du premier avis du GTDA "sans mesures correctives et que le Bahreïn ait continué à engager de nouvelles poursuites à son encontre et contre d'autres défenseurs (...) démontre la tendance du gouvernement à mépriser les organes internationaux de défense des droits humains", dénonce le communiqué.
Le petit royaume de Bahreïn mène depuis 2011 une répression contre les représentants de la majorité chiite qui demandent des réformes et le respect des droits de l'Homme.
La dynastie sunnite au pouvoir nie, elle, toute discrimination envers les chiites et accuse l'Iran voisin d'attiser les tensions, ce que dément Téhéran.
Depuis les manifestations de 2011, des mouvements d'opposition ont été dissous et des dizaines de dissidents emprisonnés et/ou déchus de leur nationalité.

