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Culture

Bechara Mouffarej, héros de Puccini en pleine forêt de Liverpool

Art lyrique

Avec « La Bohème » de Puccini au théâtre Clonter en Angleterre, le ténor libanais est entré de plain-pied dans le monde de l’art lyrique international....

31/07/2018

Il a laissé un peu derrière lui ses douze chiens de chasse, ses randonnées pour traquer gibiers et volailles aux pays des Balkans, ainsi que les soirées animées et arrosées de « fusion music » (orientalo-opératique !) en son pub à Broummana. Bechara Mouffarej, jeune premier de trente-quatre ans, barbe bien taillée, silhouette svelte, est passé à l’assaut de La Bohème de Puccini.

Au haut de l’affiche, en Rodolpho, poète et amant, il est l’âme d’un noyau d’artistes absolument fidèle à l’image de la chanson d’Aznavour… Avec mansarde, petite misère quotidienne, grands rêves et désirs d’amour pour fleuriste, musicien, chanteur, philosophe, peintre et poète…
Autour de lui, en ce théâtre Clonter de 400 sièges, en pleine forêt près de Liverpool, le jeune ténor (qui a récemment chanté au Festival de Dubaï aux côtés de Deborah Voigt) est en tête d’une distribution qui groupe tous les personnages colorés d’une histoire de vie et de combat d’artistes. Autour de lui donc, Mirjam Mesak (Mimi), Alexey Gusev (Marcello), Erika Balkoff (Musetta), Connor Baiano (Colline),  Jolyon Loy ( Shaunard) et Pedro Ometto (Benoît ). Un spectacle qui a duré du 20 au 28 juillet et dont les rideaux viennent de tomber sous une trombe d’applaudissements.

Avec des costumes modernes signés Grace Venning, ces acteurs de divers horizons étaient dirigés par Harry Fehr tandis que les houles et trémolos musicaux étaient sous la férule de Clive Timms qui a donné déjà plus de 57 fois cette œuvre. C’est dire s’il ne connaît pas cette partition dans ses moindres détails.

Pour le plaisir des mélomanes et belcantistes, Bechara Mouffarej a chanté, sous une salve d’applaudissements, les grands airs de ce chef-d’œuvre de Puccini, à savoir le Che gelida manina (Quelle petite main glacée), le superbe duo avec Mimi O suave fanciulla (Ô douce fille) et le duo masculin O Mimi tu piu non torni (Ô Mimi, tu ne reviens plus)…

Avec une mise en scène originale et une conception inédite où Rodolpho revient trente ans plus tard dans une piaule où les moments les plus marquants d’une vie se sont déroulés… Avec une montée en flot des souvenirs. Comme ces sarments qui brûlent dans l’âtre. Instants intenses, ponctués d’un éclairage bleuté, pour encadrer de neuf l’œuvre lyrique immortelle de Puccini.

Il est évident que si Bechara Mouffarej a été gratifié « d’un séjour permanent pour talent exceptionnel » au pays de la reine britannique, le talent est bien là… Audible et visible !
On espère applaudir cette production et notre ténor qui porte bien haut les couleurs du pays du Cèdre, sous le ciel de Beyrouth ou tout autre coin de cette terre de myrrhe et d’encens… Un rêve de plus à partager en public et surtout un rêve à caresser aux mélomanes libanais qui n’ont pas tous la possibilité de sauter dans le premier avion qui se présente…

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