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Iran: mort d'une figure de la Révolution tombée en disgrâce

Abbas Amir-Entezam, éphémère porte-parole du premier gouvernement issu de la révolution iranienne de 1979 avant d'être condamné à la prison à vie pour espionnage est mort jeudi à l'âge de 86 ans, selon l'agence officielle iranienne Irna. 

D'une santé rendue fragile par ses années de détention, celui qui fut vice-Premier ministre dans le gouvernement provisoire formé par le libéral nationaliste Mehdi Bazargan en février 1979 a succombé à un "arrêt cardiaque", écrit Irna.

Selon l'agence Fars, l'accident s'est produit à son domicile et l'octogénaire n'a pas pu être ranimé.

Considéré par plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme comme le prisonnier politique ayant passé le plus de temps derrière les barreaux en Iran, Amir-Entezam bénéficiait depuis quelque temps d'un système de liberté conditionnelle pour lui permettre d'être soigné.

Opposé à l'évolution prise par la rédaction de la Constitution iranienne vers un système théocratique instaurant le primat du religieux sur le politique, Amir-Entezam est envoyé dès 1979 en Suède comme ambassadeur, avant d'être rappelé, arrêté, et condamné à la prison à vie en 1981 pour espionnage au profit des États-Unis, accusation que l'intéressé à toujours réfutée.

L'ONU a dénoncé à plusieurs reprises ses conditions de détention.

Dans un entretien au site iranien Tarikh Online ("Histoire en ligne") pour une série sur des personnalités politiques lancée en 2017, Amir-Entezam ne parvenait pas à contenir ses larmes et son émotion en racontant comment il avait été privé de voir sa famille pendant "six ou sept ans", au début de sa détention, ou la façon dont ses geôliers lui interdisaient de porter des chaussures, allant jusqu'à confisquer des souliers qu'il avait confectionnés lui-même.

Il fut l'un des prisonniers dont les étudiants demandaient la libération lors de la contestation de l'été 1999. Deux ans plus tôt, la Fondation (autrichienne) Bruno Kreisky lui avait décerné son prix pour les droits de l'Homme, en notant son combat inlassable pour obtenir "un procès juste et équitable". 

Abbas Amir-Entezam, éphémère porte-parole du premier gouvernement issu de la révolution iranienne de 1979 avant d'être condamné à la prison à vie pour espionnage est mort jeudi à l'âge de 86 ans, selon l'agence officielle iranienne Irna. D'une santé rendue fragile par ses années de détention, celui qui fut vice-Premier ministre dans le gouvernement provisoire formé par le libéral nationaliste Mehdi Bazargan en février 1979 a succombé à un "arrêt cardiaque", écrit Irna.
Selon l'agence Fars, l'accident s'est produit à son domicile et l'octogénaire n'a pas pu être ranimé.
Considéré par plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme comme le prisonnier politique ayant passé le plus de temps derrière les barreaux en Iran, Amir-Entezam bénéficiait depuis quelque temps d'un système de liberté...