Le président du Sénat, Gérard Larcher (2e de droite), en compagnie du chef de l'Etat, Emmanuel Macron (c), du Premier ministre, Edouard Philippe (g), et du préisdent de l'Assemblée nationale, François de Rugy, le 9 juillet 2018 au château de Versailles. Photo Thibault Camus/Pool via REUTERS
Le président du Sénat, Gérard Larcher, a déclaré dans une interview publiée mercredi qu'il s'opposait au projet de modification de la Constitution qui permettrait au président de la République de dialoguer avec les parlementaires réunis en Congrès, jugeant que cette réforme nuirait à l'équilibre des institutions de la Ve République.
Emmanuel Macron a demandé lundi devant le parlement réuni en Congrès l'introduction d'un amendement qui lui permettrait de répondre l'an prochain aux questions des élus après son adresse annuelle. Une modification en ce sens avait été rejetée lors de l'examen en Commission des Lois en vertu du principe de séparation des pouvoirs.
"Cette idée, lancée de façon totalement impromptue, bouleverserait tout l'équilibre de la Ve République", a déclaré Gérard Larcher dans une interview au Parisien. "Elle reviendrait à reconnaître le cumul entre les fonctions du président de la République et du Premier ministre. Et je suis contre un tel cumul."
"Notre président de la République est un arbitre et doit le rester pour ne pas être ballotté par les combinaisons politiques du moment. Le Premier ministre dirige l'action du gouvernement et doit rester le seul responsable devant le Parlement".
Les députés ont entamé mardi le débat sur la réforme des institutions avec l'examen du volet constitutionnel, première étape d'une révision menée sous le feu nourri de l'opposition. Les deux autres textes de la réforme - organique et ordinaire - seront eux examinés à la rentrée.
Gérard Larcher dit espérer arriver à "une réforme positive" si certains principes sont respectés. Il réclame notamment que le nombre de sénateurs soit inscrit dans la Constitution - le gouvernement souhaite que le nombre de parlementaires soit réduit de 30%.
Il dit également s'opposer "vigoureusement" au projet qui consisterait à renouveler en totalité le Sénat en 2021 "alors que la moitié des sénateurs ont leur mandat qui s'achève deux ans plus tard".

