Le Premier ministre haïtien Jack Guy Lafontant a appelé samedi la population à la "patience" après les violences qui paralysent la capitale depuis la veille et ont fait au moins un mort suite à l'augmentation des tarifs des produits pétroliers.
"Je vous demande de la patience parce que notre administration a une vision, un programme clair", a déclaré le chef du gouvernement dans une allocution diffusée sur la télévision d'État.
"Ne détruisez pas car, à chaque fois, c'est Haïti qui devient plus pauvre (...). Le pays est en chantier mais si à chaque fois on détruit, on restera toujours à la traîne", a-t-il ajouté, alors que la majorité des vitrines de commerces et vitres de véhicules ont été brisées dans les quartiers aisés.
Les activités dans Port-au-Prince sont paralysées depuis l'annonce, vendredi après-midi, d'une importante hausse des tarifs des produits pétroliers. Samedi matin, la plupart des axes majeurs étaient obstrués par des barricades.
Vendredi soir, un policier assigné à la sécurité d'un dirigeant d'un parti politique d'opposition a été tué dans une altercation avec un groupe de manifestants au coeur de la capitale haïtienne. Il a été lynché alors qu'il cherchait à forcer le passage, et son corps a ensuite été brûlé sur la chaussée.
Regrettant la mort de l'agent, le directeur de la police nationale a lancé un appel au calme.
"On comprend votre droit (à) protester, (à) revendiquer mais on ne comprend pas la violence" a déclaré Michel-Ange Gédéon, en faisant également état de l'incendie d'au moins deux commissariats et de plusieurs voitures de police.
En début d'après-midi vendredi, les ministères de l'Économie, des Finances, du Commerce et de l'Industrie ont annoncé l'augmentation des prix de l'essence de 38%, celui du diesel de 47% et celui du kérosène de 51%, à compter du samedi 7 juillet à minuit.
Le nouveau cadre de référence entre le FMI et Haïti, signé en février, impliquait la cessation de la subvention publique des produits pétroliers, source conséquente du déficit budgétaire de l'État.

