Croquis réalisé lors d'une audience du procès de Christine Rivière, dite Mamie Jihad, en octobre 2017. Mme Rivière a été condamnée le 3 juillet à dix ans de prison assortis d'une peine de sûreté des deux tiers. AFP / BENOÎT PEYRUCQ
La Cour d'appel de Paris a confirmé mardi la condamnation de Christine Rivière, qui a embrassé la cause d'un de ses deux fils devenu "émir" jihadiste de l'Etat islamique (EI), à dix ans de prison assortis d'une peine de sûreté des deux tiers.
En première instance, le tribunal correctionnel avait estimé que cette femme, arrêtée en 2014 après trois séjours en Syrie et surnommée "Mamie Jihad" par médias et enquêteurs, avait montré un "engagement sans faille" sous la bannière de l'EI, "contribué au renforcement logistique" du groupe et encouragé son fils. Il lui est aussi reproché d'avoir joué les agents recruteurs auprès de jeunes candidates au jihad. La Cour d'appel a ajouté à ces incriminations le financement d'entreprise terroriste.
Christine Rivière, 53 ans, a écouté en visio-conférence l'énoncé de l'arrêt de la Cour d'appel de la prison de Poitiers, où elle est détenue, et n'a pas fait de commentaire.
Elle avait dit en première instance avoir seulement voulu rendre des "services" et accompagner son cadet, Tyler Vilus, pionnier des filières jihadistes françaises en Syrie.
L'enquête avait mis en lumière la relation fusionnelle entre Tyler Vilus et Christine Rivière, née en 1965 dans une famille de forains et convertie en 2011-2012 à un islam radical dans le sillage de son cadet.
Lors de l'instruction, elle avait déclaré avoir effectué ses séjours en Syrie, entre l'été 2013 et le mois d'avril 2014, pour rester auprès de lui jusqu'au probable "martyre".
Après un passage par la Tunisie, Tyler Vilus a gravi les échelons dans la hiérarchie jihadiste, jusqu'à être élevé au rang d'"émir" à la tête d'un groupe de combattants francophones. Arrêté en juillet 2015 en Turquie et aujourd'hui détenu en France, il est soupçonné d'avoir connu en Syrie des membres de la cellule qui a planifié et commis les attentats sanglants du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis.
Pour l'avocat de "Mamie Jihad", Me Thomas Klotz, l'enjeu de ce procès en appel était d'"essayer de faire comprendre qui est Christine Rivière, comment de tels faits peuvent être commis par une femme de son âge dans ce contexte". "Il y avait une dimension psychiatrique et psychologique qu'on aurait voulu faire entendre davantage qu'en première instance lors de cet appel", a-t-il souligné. "Force est de constater que nous n'avons pas été suivis par la cour." Il n'était pas en mesure dans l'immédiat de dire si sa cliente se pourvoirait en cassation.
En première instance, le tribunal correctionnel avait estimé que cette femme, arrêtée en 2014 après trois séjours en Syrie et surnommée "Mamie Jihad" par médias et enquêteurs, avait montré un "engagement sans faille" sous la bannière de l'EI, "contribué au renforcement logistique" du groupe et encouragé son fils.
Il lui est aussi reproché d'avoir joué les agents recruteurs auprès de jeunes candidates au jihad. La Cour d'appel a ajouté à ces incriminations le financement d'entreprise terroriste. Christine Rivière, 53 ans, a écouté en visio-conférence...

