La petite communauté sikhe d'Afghanistan exige une enquête et dénonce lundi l'incapacité du gouvernement à la protéger, au lendemain d'un attentat qui l'a visée à Jalalabad (est), tuant dix de ses membres dont un candidat au Parlement.
"Mort au gouvernement, Mort (au président) Ashraf Ghani", hurlent les hommes au passage des cercueils sortis de l'hôpital et acheminés à bras d'hommes en cortège jusqu'au temple sikh de la ville où sont rassemblées quelque 200 personnes, hindous, sikhs et musulmans confondus, tous bouleversés.
Le kamikaze a fait 21 morts au total, dont dix-sept sikhs et hindous selon les autorités locales. Parmi elles Atvar Singh, candidat pour représenter la minorité sikhe au Parlement lors des prochaines élections d'octobre et Rawal Singh, figure éminente et active de la communauté.
"Nous exigeons une enquête du gouvernement sur cet attentat, faute de quoi nous irons manifester devant l'ambassade américaine et d'autres à Kaboul", prévient le fils du candidat, Narendar Singh. "C'est un gouvernement faible qui n'arrive à protéger personne", accuse le jeune homme.
Selon lui, les responsables de cette minorité allaient rencontrer le président Ashraf Ghani, en visite officielle à Jalalabad, quand ils ont été visés par un kamikaze. "A proximité des bâtiments du gouverneur (de la province), les forces de sécurité nous ont arrêtés et demandé de sortir des voitures: c'est là que le kamikaze à pied s'est approché et s'est fait sauter au milieu de nous". "Nous étions visés, le gouvernement ne s'occupe pas de nous", a-t-il accusé.
Selon la représentation indienne en Afghanistan, les Sikhs ne seraient plus qu'un millier environ aujourd'hui, à Kaboul, Ghazni (sud-est) et Jalalabad principalement, contre 50.000 estimés avant le début de la guerre en 1979.
L'attentat, survenu près d'un marché, a été revendiqué par le groupe jihadiste Etat islamique.

