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Malte refuse d'accueillir le Lifeline et ses migrants, dit Rome

Reuters
22/06/2018

A deux jours d'un "mini-sommet" européen sur la politique migratoire, l'Italie a déclaré vendredi soir que Malte avait refusé d'accueillir le Lifeline, un navire qui a recueilli plus de 200 migrants, et elle a jugé cette décision "absurde" et "inhumaine".

Quelques heures plus tôt, Rome avait demandé aux autorités maltaises d'accueillir ce navire de l'ONG allemande Mission Lifeline. "Pour la sécurité de l'équipage et des personnes secourues, nous demandons à Malte, pour des raisons politiques et humanitaires, d'ouvrir l'un de ses ports (au Lifeline), puis de saisir ce navire et de s'assurer de son équipage", avait déclaré le ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini, à Sienne.

Vendredi soir, le ministre italien des Transports Danilo Toninelli, annonçant le refus maltais d'accueillir le Lifeline, a posté sur sa page Facebook une photo d'un courriel des forces armées maltaises déclarant à l'appui que ce navire n'avait pas émis d'appel de détresse.

Jeudi, Matteo Salvini, dirigeant de la Ligue d'extrême droite, avait confirmé le refus de l'Italie de recevoir dans ses ports des navires d'ONG transportant des migrants, ONG qu'il accuse de bafouer les lois et de se rendre complices des réseaux de passeurs.

Le Lifeline battant pavillon néerlandais, il avait dans un premier temps conseillé à son équipage d'aller débarquer les migrants aux Pays-Bas.

Un navire de l'ONG SOS Méditerranée, l'Aquarius, avec plus de 600 migrants à son bord, a dû gagner dimanche dernier le port espagnol de Valence, l'Italie et Malte ayant refusé de le recevoir.

Le Lifeline se trouvait vendredi matin à mi-chemin entre Tripoli, la capitale libyenne, et l'île de Malte.

Les autorités espagnoles ont pour leur part annoncé qu'elles étaient en contact avec Malte au sujet du Lifeline et avaient offert leur aide "si une aide humanitaire s'avère nécessaire dans les heures qui viennent", a dit la porte-parole du gouvernement, Isabel Celaa.

Jeudi soir, Danilo Toninelli avait annoncé que la garde-côte italienne acceptait de prendre en charge les 224 migrants du Lifeline, le voyage vers les Pays-Bas préconisé par Salvini se révélant trop dangereux. Finalement, c'est "l'option maltaise" qui a été privilégiée par Rome.

Selon un sondage SWG publié cette semaine, les deux tiers des Italiens sont d'accord pour interdire l'accès des ports du pays aux navires des ONG.

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