Le parquet grec a requalifié jeudi en "homicide" la mort, jusqu'alors imputée à un suicide, d'un cadre de l'opérateur téléphonique Vodafone, intervenue peu après la révélation en 2005 d'un scandale d'écoutes téléphoniques visant le gouvernement grec, a indiqué une source judiciaire.
Le parquet a pris cette décision à l'issue d'une troisième enquête sur ce décès. Elle avait été ordonnée après que la Cour européenne des droits de l'homme eut condamné en novembre 2017 la Grèce pour avoir clos l'affaire, après deux enquêtes ayant conclu au suicide.
Saisie par la famille de Costas Tsalikidis, qui a toujours exclu la thèse du suicide, la Cour européenne avait jugé qu'il y avait eu "manquement des autorités grecques à mener une enquête adéquate et effective".
Conduite par le procureur de la cour d'appel Grigoris Peponis, les nouvelles investigations ont débouché sur l'ouverture de poursuites contre X pour "homicide", a précisé la même source.
Le cadre avait été retrouvé pendu à son domicile athénien le 9 mars 2005. Un mois plus tôt, le Premier ministre conservateur de l'époque, Costas Caramanlis, avait révélé avoir fait l'objet avec plusieurs ministres et au total une centaine de personnes d' écoutes téléphoniques menées sur leurs téléphones portables, depuis juin 2004.
Les autorités grecques avaient affirmé avoir été averties par la filiale grecque du groupe britannique Vodafone, sur le réseau duquel les auteurs des écoutes s'étaient introduits.
Ces écoutes avaient démarré deux mois avant les JO d'Athènes de 2004, placés sous très haute surveillance sécuritaire, notamment américaine.
Sur le volet de la tentative d'espionnage, la justice grecque avait classé l'affaire une première fois, sans établir de responsabilités. En 2015, elle a finalement lancé un mandat d'arrêt, resté jusque là sans effet, contre un Américain de 65 ans, ancien employé de l'ambassade des Etats-Unis à Athènes.


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