L'UE envisage bien la création dans des pays tiers de "plateformes régionales de débarquement" de migrants secourus en mer, mais il ne s'agit pas de créer des "Guantanamo pour migrants", a assuré jeudi le commissaire européen aux migrations Dimitris Avramopoulos.
"La Commission est en discussions avec les Nations Unies et l'Organisation internationale des migrations (OIM) sur comment un dispositif de débarquement régional pourrait fonctionner", a confirmé M. Avramopoulos lors d'une conférence de presse à Bruxelles. "La manière dont je vois cela est un accord avec des pays méditerranéens pour assurer que les personnes reçoivent la protection dont elles ont besoin et soient traitées avec la dignité qu'elles méritent", a-t-il poursuivi, assurant que de tels "centres externes" devraient respecter "les valeurs européennes". "Je ne veux pas d'un Guantanamo pour migrants (...), ce n'est pas ce dont nous discutons ou ce que nous avons proposé", a-t-il insisté en référence à la prison américaine située à Cuba où les conditions de détention des jihadistes ont souvent été pointées du doigt.
La création hors de l'UE de centres de débarquement de migrants secourus en mer enverrait le message "qu'embarquer dans un bateau ne signifie pas un voyage gratuit vers l'UE", a-t-il fait valoir, assurant que la Commission allait "explorer les possibilités et la volonté des Etats membres" de concrétiser de tels projets "dans les prochains jours". Il a indiqué que la Commission était en discussions avec le HCR (Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés) et l'OIM sur les modalités de ces "plateformes de débarquement régionales", où pourraient être distingués les migrants économiques à renvoyer vers leurs pays et les migrants pouvant prétendre à l'asile au sein de l'Union.
Cette idée, qui suscite beaucoup de réticences et des doutes sur sa compatibilité avec le droit international, avait jusqu'ici toujours été abordée de manière isolée par certains Etats membres. Mais elle est inscrite dans un "projet de conclusions" du sommet européen programmé les 28-29 juin à Bruxelles, dans un contexte de fortes divisions face à la pression migratoire.
L'hypothèse d'en installer en Tunisie ou encore en Albanie est souvent évoquée à Bruxelles, mais M. Avramopoulos a admis qu'il n'y avait "pour l'instant aucun pays" tiers ayant manifesté sa volonté d'y participer. C'est "parce qu'aucune proposition officielle n'a été faite", a-t-il dit.
"La Commission est en discussions avec les Nations Unies et l'Organisation internationale des migrations (OIM) sur comment un dispositif de débarquement régional pourrait fonctionner", a confirmé M. Avramopoulos lors d'une conférence de presse à Bruxelles.
"La manière dont je vois cela est un accord avec des pays méditerranéens pour assurer que les personnes reçoivent la protection dont elles ont besoin et soient traitées avec la dignité qu'elles méritent", a-t-il poursuivi, assurant que de tels "centres externes" devraient respecter "les valeurs...

