La France "fixe la partition de la discussion européenne" depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron, a affirmé mardi sa ministre des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, en évoquant la réforme de la zone euro, l'Europe de la défense ou le régime des travailleurs détachés.
"C'est la France qui fixe la partition de la discussion européenne", a-t-elle assuré dans un entretien à la chaîne de télévision française LCP. "Tout ce qui est discuté en ce moment en Europe est du fait d'Emmanuel Macron. Les propositions qu'il a faites depuis l'année dernière sont devenues l'agenda de la discussion des dirigeants européens", a-t-elle insisté.
"La réforme du régime des travailleurs détachés, tout le monde nous avait dit +c'est impossible vous n'y arriverez pas+, nous y sommes arrivés (...) les universités européennes ça commence en septembre cette année, l'innovation et le financement par l'UE de grands projets d'innovation, nous sommes d'accord pour le faire, l'Europe de la défense c'est en cours (...) et on avancera fin juin au Conseil européen sur la réforme de la zone euro", a énuméré la ministre.
"Nous discutons à 28, nous avançons et je suis confiante que nos partenaires européens ont pris conscience de l'urgence de réformer l'Europe. Ce qui se passe en Italie et en Méditerranée est un signal de plus", a-t-elle conclu, alors que 629 migrants étaient ballotés en Méditerranée depuis dimanche à bord du bateau d'une ONG. Refoulés par l'Italie, ils seront finalement transportés vers l'Espagne.
Elu sur un credo résolument pro-européen, Emmanuel Macron a érigé en priorité de son mandat la relance de l'UE post-Brexit, à l'heure où les Etats-Unis de Donald Trump prônent l'unilatéralisme.
Mais son projet de refondation de l'Europe se heurte à un certain scepticisme allemand, teinté d'indifférence sinon d'hostilité chez d'autres, où populisme et sentiment antieuropéen continuent à gagner du terrain, comme en Italie.
La France veut en particulier doter la zone euro d'un important budget propre à hauteur de "plusieurs points du PIB de la zone euro", pour soutenir les investissements et la croissance.
Mais la chancelière allemande Angela Merkel reste opposée à un budget d'une telle taille, alors que l'opinion allemande redoute toujours de devoir payer au final pour les pays trop dispendieux.
Un conseil des ministres franco-allemand est programmé le 19 juin, avant le sommet de l'UE les 28 et 29 juin à Bruxelles, au cours duquel Paris et Berlin doivent dévoiler une "feuille de route" commune sur le sujet.
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La France de Macron "fixe la partition de la discussion européenne"
AFP / le 12 juin 2018 à 14h44


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