Quelque deux millions et demi de civils syriens "n'ont plus d'endroit où aller" en raison de l'intensification des combats et des bombardements aériens dans la province d'Idleb dans le nord-ouest de la Syrie, a déclaré l'Onu lundi.
Cette région frontalière de la Turquie est devenue "une décharge" dans laquelle le régime entasse les civils et les combattants rebelles de l'opposition, estime Panos Moutzis, coordinateur régional humanitaire des Nations unies.
"Avec cette escalade, cette détérioration, nous nous inquiétons vraiment de voir les deux millions et demi de personnes déplacées de plus en plus en direction de la frontière turque si cela continue", a-t-il dit. "Nous nous inquiétons aussi pour les gens d'Idleb car il n'y a pas d'autre Idleb pour les accueillir, c'est vraiment le dernier endroit", a-t-il ajouté.
Une frappe aérienne a tué onze personnes dimanche et touché un hôpital pédiatrique, a indiqué Panos Moumtzis.
L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) signale, pour sa part, des raids aériens qui ont tué au moins 44 personnes au cours de la nuit de jeudi à vendredi, le bilan le plus meurtrier d'une attaque dans la région depuis le début de l'année.
L'OSDH pense que ces frappes ont probablement été menées par l'aviation russe. Moscou a démenti toute implication.
Panos Moutzis estime qu'une bataille pour la reconquête d'Idleb serait "encore plus compliquée et brutale" que celles qui furent menées à Alep en 2016 et à la Ghouta orientale en 2018.
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L'ONU s'inquiète du sort de 2,5 millions civils à Idleb
Reuters / le 11 juin 2018 à 15h06

