Les Forces libanaises de Samir Geagea, les Kataëb de Samy Gemayel et le Parti socialiste progressiste de Walid Joumblatt ont réclamé vendredi l'annulation du décret de naturalisation de quelques centaines d'étrangers, au lendemain de la publication de ce décret qui a été signé le 11 mai et qui fait polémique depuis.
Selon la chaîne LBCI, ces formations ont "souhaité que le président de la République, Michel Aoun, signe un nouveau décret qui concerne uniquement les cas spéciaux, notamment pour des raisons humanitaires bien spécifiques qui soient en accord avec la Constitution et la loi sur la naturalisation (...)".
Le ministère de l'Intérieur a publié jeudi le décret de naturalisation de quelques 400 personnes ayant fait une demande pour obtenir la nationalité libanaise, après un mutisme des autorités puis une confusion qui a régné durant les derniers jours autour de ce décret.
Parmi les personnes ayant obtenu la nationalité libanaise grâce à ce décret, l'écrasante majorité sont Palestiniens et Syriens. D'autres sont détenteurs de nationalités française, américaine, britannique, canadienne, suisse, ou encore suédoise. Quelques uns sont Saoudiens, Jordaniens, Tunisiens ou Irakiens.
Le décret de naturalisation, entré en vigueur le 11 mai après sa signature par le chef de l’État, Michel Aoun, le Premier ministre, Saad Hariri, et le ministre de l'Intérieur, Nohad Machnouk, n'a pas été publié au Journal officiel, suscitant de vives réactions quant aux circonstances "secrètes" ayant entouré l'adoption du texte, dévoilée par des médias. De nombreux responsables et leaders libanais ont dénoncé une naturalisation de plusieurs hommes d'affaires proches du régime du président syrien, Bachar el-Assad.
Dans un communiqué, le ministère de l'Intérieur a déclaré que "les premiers éléments de l'enquête montrent que certains noms qui figurent dans le décret de naturalisation font l'objet de soupçons d'ordre judiciaire et sécuritaire". Le ministère a expliqué que "ces informations font actuellement l'objet d'un examen à travers une enquête supplémentaire menée par la Sûreté générale".

