"Nous sommes préoccupés par l'annonce de ce matin (...) Nous verrons bien sûr de quoi il s'agit, ce à quoi mène l'enquête, mais d'après ce que nous pouvons voir, c'est quelque chose qui va aussi à l'encontre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC)", a-t-elle affirmé lors d'une conférence à Bruxelles.
"Il est très difficile d'imaginer que (les importations d'automobiles) créent la moindre menace à la sécurité nationale" américaine, a pour sa part estimé le vice-président de la Commission, Jyrki Katainen.
"C'est très difficile à comprendre", a-t-il ajouté.
Le secrétaire au Commerce américain, Wilbur Ross, a lancé mercredi une enquête sous la Section 232 sur les importations de véhicules, y compris les camions et les pièces détachées, pour déterminer leur impact sur la sécurité nationale américaine, ce qui pourrait donner une base légale à des taxes douanières.
Ces taxes pourraient culminer à 25% sur les importations de véhicules, d'après le Wall Street Journal.
Et cette nouvelle menace douanière américaine intervient alors qu'expire le 1er juin l'exemption de taxes accrues sur les importations d'acier et d'aluminium dont bénéficie l'UE depuis mars.
"Nous pensons que rien ne justifie que les États-Unis imposent des droits de douane sur l'acier et l'aluminium pour des raisons de sécurité nationale. Invoquer la sécurité nationale serait encore plus farfelu dans le cas de l'industrie automobile", a argué un porte-parole de la Commission.
"Nos discussions avec les États-Unis sur les tarifs douaniers sont en cours", a-t-il rappelé.
Les Européens se sont dit prêts la semaine passée à ouvrir des discussions avec les Etats-Unis pour abaisser les barrières douanières dans l'industrie, y compris les automobiles, mais à condition qu'ils soient définitivement exemptés des taxes sur l'acier l'aluminium.
"Nous pourrions éventuellement envisager un accord uniquement tarifaire sur les biens industriels. Il serait très limité, très modeste", a résumé Mme Malmström jeudi.
"Nous parlons (avec les États-Unis), nous discutons, mais nous ne mendions certainement pas", a-t-elle assuré.
Des divergences commencent à se dessiner entre les Européens, notamment entre d'un côté l'Allemagne, pour qui le secteur automobile est stratégique et qui privilégie coûte que coûte le dialogue, et de l'autre la France, qui paraît plus réticente à l'idée d'un accord de libre-échange, même a minima, avec Washington.
Les taxes européennes sur les importations de voitures en provenance des Etats-Unis et des pays hors UE s'élèvent à 10%, quand les droits de douane américains sur celles en provenance de l'Union européenne ne s'élèvent qu'à 2,5%.
Toutefois, au sein du secteur automobile, les Etats-Unis taxent les importations de camions et de pick-up (camionnettes à plateau) à hauteur de 25% alors que les importations de ces mêmes produits au sein de l'UE sont taxées dans une bien moindre mesure, à 14% en moyenne.

