Le populiste Moqtada Sadr, vainqueur surprise des législatives en Irak, a plaidé pour un gouvernement "inclusif" en rencontrant les dirigeants des principales forces du futur Parlement, dont certains qu'il avait écarté aussitôt après l'annonce des résultats.
Après avoir élu le Parlement le plus fragmenté de son histoire récente, l'Irak attend désormais de connaître la coalition qui gouvernera le pays, miné par la corruption et ravagé par les combats pour vaincre les jihadistes, durant les quatre années à venir. Les tractations s'annoncent longues pour former cette coalition qui doit rassembler au moins 166 députés.
L'Iran et les Etats-Unis se sont déjà impliqués dans ce processus, cherchant à écarter le turbulent Moqtada Sadr, défenseur sourcilleux de l'indépendance politique de l'Irak, qui s'est présenté à ce scrutin dans une alliance inédite avec les communistes.
Celui qui a multiplié les bravades à l'encontre du puissant voisin iranien a rencontré dimanche soir Hadi al-Ameri, le chef d'un groupe paramilitaire ayant vaincu avec les troupes irakiennes le groupe Etat islamique (EI), et considéré comme l'homme de Téhéran.
Peu après les législatives du 12 mai, Moqtada Sadr - dont la liste a remporté 54 sièges - avait tendu la main sur Twitter à la plupart des forces politiques du pays, mais n'avait pas mentionné la liste de la Conquête emmenée par M. Ameri --47 sièges. Pourtant dimanche, l'ancien chef redouté d'une puissante milice devenu héraut de la lutte anti-corruption a reçu à Bagdad M. Ameri. Il a plaidé, selon un communiqué de son bureau, pour "former au plus vite un gouvernement inclusif". Cela relève, a-t-il insisté, d'"une décision politique nationale".
Peu avant, Moqtada Sadr avait reçu Haider al-Abadi, le Premier ministre sortant, soutenu par la communauté internationale et donné favori, qui s'est classé troisième aux législatives avec 42 sièges. Les deux hommes, qui depuis le début de la campagne électorale laissent entendre qu'ils pourraient s'allier pour former le gouvernement, ont tous deux plaider pour un gouvernement "inclusif" de "technocrates".


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