Quelques centaines d'opposants à la réforme de l'accès à l'université, voulue par le président français Emmanuel Macron, ont empêché vendredi la tenue d'examens par les étudiants de Nanterre - faculté proche de Paris d'où était parti le mouvement de Mai 1968 -, suscitant la colère du gouvernement.
L'université de Nanterre a annoncé le report des examens partiels qui avaient déjà été délocalisés en banlieue après le blocage, depuis de nombreuses semaines, de ce haut lieu de l'opposition à la réforme de l'enseignement supérieur et qui avait vu naître le mouvement de Mai 68.
Elle a "condamné" l'action de quelques centaines de manifestants qui bloquaient les grilles de la "Maison des examens". Les forces de l'ordre ont tiré des gaz lacrymogènes pour tenter de les disperser.
"Ça nous révolte. Je comprends leur manifestation, leurs revendications, mais bloquer la Maison des examens, des étudiants...", s'emportait Sabrina, étudiante en première année de Droit. "Je suis dégoûtée", lançait Andrea, étudiante en 2e année de Droit. "J'aimerais bien réserver mes vacances, trouver un boulot mais c'est pas possible car on n'a pas les dates".
Assis sur les trottoirs alentours, de nombreux étudiants affichaient un air désabusé. "On veut juste passer nos partiels", expliquait Cécile, étudiante en Droit.
Les bloqueurs ont en revanche salué le report. "C'est une victoire et une preuve que la mobilisation peut payer", a dit à l'AFP l'un d'entre eux, Adrien, étudiant en Droit social à Nanterre.
Désormais "un nouveau scénario" se dessine pour les étudiants, avec "des formules alternatives d'examens à distance, en temps limité, en ligne, sécurisés", a indiqué le président de l'Université de Nanterre, Jean-François Balaudé, sur la chaîne d'information continue BFMTV. "Examen il y aura", a-t-il assuré.
Avant même l'annonce du report, le gouvernement avait vivement dénoncé l'action des bloqueurs. Sur Twitter, la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a jugé le blocage "inadmissible". "Opposer la liberté de manifester à la liberté d'étudier n'est pas tolérable dans un État de droit", a tweeté le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb.
Et Christophe Castaner, délégué général de La République en marche, parti d'Emmanuel Macron, a jugé "inacceptable de voir une minorité bloquer une majorité désirant étudier".
Nanterre fait partie des deux dernières universités françaises, sur 73, encore entièrement bloquées par les opposants à la réforme de l'accès à l'université, accusée d'instaurer un forme de sélection. Les autres universités "occupées" ont été débloquées récemment par les forces de l'ordre.

