Le ministre libanais de la Défense, Yaacoub Sarraf, a défendu lundi le Tribunal militaire qui juge le dramaturge Ziad Itani, accusé d'avoir collaboré avec Israël mais qui semble avoir été victime d'un coup monté par l'ancienne directrice du bureau de lutte contre la cybercriminalité au sein des Forces de sécurité intérieure (FSI), Suzanne el-Hajj-Hobeiche, arrêtée ce week-end.
"Le Tribunal militaire a fait et continuera à faire son travail avec transparence, intégrité et en conformité avec la loi malgré les tentatives d'instrumentalisation politique", a indiqué M. Sarraf dans un communiqué publié dans la matinée. "Personne n'a le droit d'attaquer, dans les médias ou sur les réseaux sociaux, le Tribunal militaire à des fins électorales", conclut ce texte.Le ministre fait notamment référence à l'ancien ministre Wi'am Wahhab qui a pointé ce week-end les "lacunes qui ont entaché l’instruction menée par le juge d'instruction militaire Riad Abi Ghida" dans ce dossier. Dimanche, le procureur général près la Cour de cassation, Samir Hammoud avait démenti les informations selon lesquelles il y aurait eu "pression" pour transférer l’enquête des mains de la Sûreté de l’État à celles des FSI.
Le 29 novembre, le commissaire du gouvernement près la Cour militaire, le juge Peter Germanos, avait engagé des poursuites contre M. Itani, pour "collaboration avec l'ennemi israélien et possession de drogue" avant d'être déféré devant le juge Abou Ghida.
Par ailleurs, l'ancien ministre des Affaires sociales et ex-bâtonnier de l'ordre des avocats Rachid Derbas a annoncé qu'il se chargerait de la défense de Suzanne el-Hajj.
Arrêtée vendredi pour son rôle présumé dans la fabrication d’accusations à l’encontre de Ziad Itani, Mme el-Hajj a été entendue par les renseignements des FSI durant le week-end. Elle est soupçonnée d’avoir "utilisé les services d’un pirate informatique pour fabriquer des conversations afin de faire accuser Ziad Itani d’avoir pris contact avec une jeune Israélienne". Le pirate, E. Gh., serait passé aux aveux, aurait reconnu avoir agi à la demande de Mme el-Hajj et confirmé les accusations portées contre lui.
Suzanne el-Hajj avait perdu son poste à la suite d’un retweet d’un message ironique contre les femmes en Arabie saoudite. Un certain Ziad Itani avait diffusé la capture d’écran de son retweet et, selon les informations qui ont fuité durant le week-end, Mme el-Hajj aurait monté l’affaire pour se venger, mais se serait trompée de victime en raison de l’homonymie.


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