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Culture - Sélection

Huit shots de culture en quatorze jours

Par Maya GHANDOUR HERT, Colette KHALAF, Gilles KHOURY et Zéna ZALZAL

Parce que, souvent, on a envie de sortir, mais pas forcément d’aller au restaurant, et parce que la nourriture intellectuelle est aussi importante que celle des bedons, voici huit rendez-vous testés, approuvés ou qui titillent notre curiosité. Ces deux semaines, allons prendre le large avec Françoise Hardy, admirer la sublime Vicky Krieps dans « Phantom Thread », s’immerger dans le vert du musée Sursock et déguster les pistaches alépines...


Concert

Le Bal des embryons / Wassim Halal


Wassim Halal, percussionniste éclectique franco-libanais, prépare depuis 2017 un album intitulé Le Bal des embryons, dans lequel il développe sur la darbuka un jeu empreint de multiples influences. Soutenu par la fondation AFAC, son travail est un laboratoire d’expérimentations des musiques populaires improvisées. Invité par l’Institut français du Liban à l’occasion du Mois de la francophonie, Halal sera du 13 au 20 mars en tournée dans les régions. Le mercredi 14 mars, à 20h30, retrouvez-le à la salle Montaigne de l’IFL où il sera accompagné de Sharif Sehnaoui (guitare), Erwan Keravec (bagpipe), Paed Conca (clarinette). Au programme également : Gwyn Wurst – Ovni TechnoïdeBey, Ler.Bey trio – improvisation sur des musiques des Balkans, et Benjamin Efrita / Verastegui Diego – illustration en direct. À découvrir.

Roman

Frappe-toi le cœur / Amélie Nothomb

Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie (Albin Michel). Rien que cette injonction, en quatrième de couverture, empruntée d’une lettre d’Alfred de Musset à un ami poète, donne envie d’ouvrir ce livre. Et là, on est saisi par un récit aussi frappant que son titre. Car pour son vingt-sixième opus, Amélie Nothomb a choisi e briser un tabou auquel peu de gens osent s’attaquer : celui de la jalousie maternelle. L’auteure a déjà confié en interview s’être inspirée de l’histoire vraie d’une de ses amies d’enfance littéralement détestée par une mère jalouse et narcissique. Sur cette base réelle, la romancière a tressé l’une de ses histoires les plus noires, les plus touchantes aussi. Une description presque classique, ne serait-ce cette touche de fantaisie qui fait sa signature littéraire, des ravages provoqués par le rejet d’amour maternel. Un Nothomb grand cru. Qui donne envie de renouer avec la prolifique Belge...


Cinéma

Phantom Thread / Cinemacity Beirut Souks


Seconde collaboration entre PTA (Paul Thomas Anderson) et DDL (Daniel Day Lewis) et nommé six fois aux oscars, Phantom Thread, qui plonge dans le monde de la couture dans le Londres de 1950 bien que l’histoire soit inspirée de celle du couturier Cristobal Balenciaga, est un délice des yeux et des papilles. Surtout en présence de la sublime Vicky Krieps. À ne pas rater, n’en déplaise à Jennifer Lawrence, membre de l’Académie des oscars et votante de facto à la cérémonie qui se tient demain dimanche. En effet, la jeune actrice a confié n’avoir « pas tenu plus de trois minutes » durant la projection. « Est-ce que ça parle juste de vêtements ? Reynolds Woodlock est-il une sorte de pervers narcissique? » Non, Miss Lawrence. Ce n’est pas simplement une histoire de couture, ni de mentor et sa muse, mais une belle histoire d’amour et des rapports intimes souvent ambigus dans un couple. Et certainement pas une histoire cousue de fil blanc.


Exposition

Un arbre et des images /Musée Sursock


Faim d’émotions artistiques ? Une tournée au musée Sursock s’impose où, à partir du 8 mars, deux nouvelles expositions sont programmées.

La première, The Story of the Rubber Tree, est un projet en cours de Abed al-Kadiri, le récipiendaire du prix du Salon d’automne du musée Sursock de 2016. Le jeune artiste de 34 ans, qui explore souvent dans ses œuvres les thématiques du patrimoine culturel, de la migration et de l’appartenance, s’intéresse, cette fois, aux histoires des maisons abandonnées de Beyrouth souvent envahies par l’arbre à caoutchouc. Il en fait le sujet d’une série de nouvelles peintures, sculptures et vidéo où l’arbre joue le témoin des souvenirs qui y sont rattachés.  La seconde présente une sélection d’images de la collection Fouad Debbas sur le thème de La Foule. Elle montre, à travers des scènes de marché populaire, de processions religieuses ou d’un événement de rue, les prémices du photoreportage au siècle dernier. Deux expositions à découvrir.


Documentaire

Maestras / Galerie Alice Mogabgab



La séquence d’ouverture du film de Günter Atteln et Maria Stodmeier, lecture d’une lettre de recommandation de Herbert von Karajan écrite en 1965 à Sylvia Caduff, annonce la couleur de ce documentaire, projeté à la galerie Mogabgab le 8 mars à 20h en partenariat avec le Beirut Art Film Festival et Bankmed. Dans cette lettre, Karajan vante sa disciple, « malgré son seul possible handicap : celui d’être une femme ». Ce documentaire recueille les témoignages de Sylvia Caduff, qui a remporté en 1966 un concours de direction à New York, ainsi que de la fille de l’une de ses collègues, Hedy Salquin, narrant leur parcours de combattantes. En 2016, le Festival de Lucerne a choisi pour thème Prima donna !  (Les femmes d’abord), en accueillant onze femmes chefs d’orchestre. Elles sont actuellement 3 à 5 % à faire partie de la liste des plus grands chefs d’orchestre classiques. Plus de maestras que de maestros ? Un jour (lointain ?) peut-être. Entrée libre ? Mais il faut réserver sa place.


Art culinaire

La Nuit de la pistache / Noha Baz


La nuit de la pistache, Alep- Souvenirs et gourmandises (éd. Noir Blanc et Caetera), un titre alléchant pour une promesse autant gustative que mnémonique, puisque l’auteure, Noha Baz, affirme que son ouvrage « est une ode à l’art de vivre que j’ai connu enfant à Alep au milieu des années 60. Il me tenait à cœur de témoigner de cette époque où l’une des plus vieilles villes du monde n’était pas que ruines ». Une ville connue pour ses pistaches vertes (festo’ halabi) évidemment, mais aussi pour ses mets délicats. Comme un défi à la guerre, un opus dédié « à tous les enfants que la politique des grands a contraints un jour à l’exil. En particulier aux enfants de Syrie ». Signature le jeudi 8 mars, de 18h à 20h, au musée mim, place du Musée, Beyrouth.

CD

Le Large / Françoise Hardy


Après les titres De l’autre côté du ciel (2010) ou Rendez-vous dans une autre vie (2012), Françoise Hardy vient de présenter Le Large, premier extrait de Personne d’autre, son 28e album à paraître le 6 avril, où elle adresse à nouveau un dernier au revoir, mais cette fois depuis l’infini néant représenté par la mer. Ce single écrit et composé par la Grande Sophie, où la chanteuse envisage et berce la mort avec une légèreté quasi thérapeutique, présage un album si beau qu’on prendrait volontiers le large avec Mlle Hardy.

Table ronde

City Walls and Sites of Protest / Musée Sursock


Parallèlement à la rétrospective consacrée à Pierre Sadek, le musée Sursock accueillera mercredi 7 mars, à 19h, la table ronde City Walls and Sites of Protest. La discussion portera sur l’évolution postguerre du langage graphique servant à commenter la vie politique et sociale libanaise, et en particulier les pratiques d’illustration et de tag. Modérée par la curatrice Rasha Salti, la table ronde aura pour intervenants Hamed Sinno (chanteur, poète et graphiste), Hatem Imam (graphiste et artiste visuel) et Jana Traboulsi (designer, illustratrice et artiste).

Parce que, souvent, on a envie de sortir, mais pas forcément d’aller au restaurant, et parce que la nourriture intellectuelle est aussi importante que celle des bedons, voici huit rendez-vous testés, approuvés ou qui titillent notre curiosité. Ces deux semaines, allons prendre le large avec Françoise Hardy, admirer la sublime Vicky Krieps dans « Phantom Thread », s’immerger dans le vert du musée Sursock et déguster les pistaches alépines...ConcertLe Bal des embryons / Wassim Halal Wassim Halal, percussionniste éclectique franco-libanais, prépare depuis 2017 un album intitulé Le Bal des embryons, dans lequel il développe sur la darbuka un jeu empreint de multiples influences. Soutenu par la fondation AFAC, son travail est un laboratoire d’expérimentations des musiques populaires improvisées. Invité par...
commentaires (1)

En effet, Phantom Thread est un très beau film!!!!

Soraya Naufal

07 h 30, le 03 mars 2018

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Commentaires (1)

  • En effet, Phantom Thread est un très beau film!!!!

    Soraya Naufal

    07 h 30, le 03 mars 2018

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