Le gouvernement britannique a annoncé jeudi l'abandon d'un dispositif permettant de poursuivre en justice les journaux refusant l'autorité du régulateur de la presse mis en place dans la foulée du scandale des écoutes illégales par des tabloïds en 2011.
Baptisé "Section 40", ce dispositif législatif avait été conçu pour pousser les médias à adhérer au nouveau gendarme du secteur, "IMPRESS", censé éviter une réédition de ce scandale qui avait profondément choqué l'opinion et conduit à la fermeture de l'hebdomadaire News of the World, à l'origine de l'affaire.
Critiqué par ses nombreux détracteurs comme une atteinte à la liberté de la presse, IMPRESS s'est révélé être un échec, avec seulement 50 adhérents, contre 2.500 pour l'autre régulateur, financé par le secteur, IPSO (Independent Press Standards Organisation).
S'exprimant devant le Parlement, le ministre de la Culture Matt Hancock a indiqué que le gouvernement chercherait à faire abroger la législation concernée, qui impose aux médias réfractaires de payer les coûts des poursuites en diffamation intentées contre eux, même en cas de jugement favorable à leur endroit.
Et le ministre de mettre en garde contre les lois menant à "une presse entravée et non libre".
Matt Hancock a également annoncé l'abandon du second volet des travaux de la commission Leveson, mise en place dans le sillage du scandale des écoutes.
Cette commission avait dans un premier temps recommandé une refonte du système de régulation du secteur, et devait ensuite étudier les manquements des uns et des autres, y compris ceux de la police.
"Nous ne croyons pas que cette enquête publique coûteuse et chronophage soit la bonne voie à suivre", a estimé le ministre conservateur, les députés travaillistes exprimant leur opposition en scandant "C'est une honte".


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